« Je faisais tout, la cuisine, la plonge, le jardin »

« Je faisais tout, la cuisine, la plonge, le jardin »

« Je faisais tout, la cuisine, la plonge, le jardin »

 

Un ex-employé dans un restaurant indépendant de Planète Sauvage, à Port-Saint-Père, réclame 23 000 € de rappel de salaire et la reconnaissance de travail dissimulé devant les Prud’hommes de Nantes.

 

« Je faisais tout, la cuisine, la plonge, le jardin »
Un homme travaille dans la cuisine d’un restaurant (photo d’illustration). | PIXABA

« Vous n’aviez pas de bulletin de salaire, votre employeur vous donnait de l’argent comme ça ? » questionne la présidente du conseil des Prud’hommes de Nantes, Claudine Jouan. L’ex-employé d’un restaurant indépendant du parc animalier Planète sauvage, répond : « Oui, j’étais payé en espèces, mais pas en intégralité. Pendant deux mois, je n’ai pas été payé. »

Mardi 6 octobre, Antonio est là, dans la salle d’audience des Prud’hommes, pour obtenir gain de cause, face à la SAS Chevalerie, convoquée pour travail dissimulé et une demande de rappel de salaire de plus de 23 000 €.

Aucun avocat ne représentant la société, aujourd’hui en liquidation judiciaire, Maître Bruno Carriou était présent au nom de l’assurance garantie des salaires (AGS). Guy Albassier, défenseur syndical à la CGT Sud Loire, soutient l’employé, « dans une affaire de travail dissimulé », affirme le syndicaliste.

 

« Vous étiez un homme à tout faire ? »

Engagé dans ce restaurant du parc animalier le 1er juin 2017, Antonio est resté en poste jusqu’en août 2018. « Vous faisiez de la cuisine ? » l’interroge la présidente. « Madame, je faisais tout ! La cuisine, la plonge, le jardin », assure le jeune homme. « Vous étiez un homme à tout faire ? » résume la présidente. Le flou persiste quant à sa profession au moment des faits.

 

Guy Albassier précise : « La patronne disait, elle-même, en mai 2019 : “Je donne des acomptes quand on me le demande, je n’ai pas toujours pu payer”. »

La partie adverse, elle, pointe du doigt la situation irrégulière du travailleur. « Lorsque la gérante a su cela, elle a fait tout son possible pour clarifier la situation. Elle a accompagné, aidé l’employé. Elle n’est pas responsable de l’inaction du salarié concernant le dépôt de son dossier de régularisation à la préfecture. »

 

Un rappel de salaire de 23 000 €

L’autre point de désaccord entre les deux parties concernait la demande de rappel de salaire, entre juin 2017 et août 2018. « Je vois qu’il demande plus de 23 000 € sur quatorze mois, soit une base salaire de 1 691,92 €. Or, lorsqu’il travaillait, il percevait un salaire de 1 480,27 € , rappelle Maître Bruno Carriou. La somme demandée est trop élevée, d’autant que 12 980 € ont déjà été versés. »

 

« La somme est à parfaire, mais il reste quand même au moins 11 000 € à verser », renchérit le délégué syndical.

Le jugement de l’affaire sera rendu le 8 janvier 2021.

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