100 000 postes non pourvus dans l’hôtellerie-restauration

100 000 postes non pourvus dans l’hôtellerie-restauration

 

 

Le tourisme est reparti à la hausse en France cette année. La profession embauche mais peine à trouver du personnel qualifié. C’est le constat de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih). Son vice-président national, Hervé Becam, hôtelier-restaurateur à Plouider (Finistère), détaille les pistes explorées par la profession.

 

100 000 postes non pourvus dans l’hôtellerie-restauration

L’hôtellerie-restauration peine à embaucher. C’est une situation nouvelle ?

Pas tout à fait, mais la situation s’aggrave. Depuis plusieurs années, nous enregistrons une pénurie de personnel en France d’environ 30 000 à 50 000 personnes, pour un total d’un million d’actifs dans la branche : 700 000 salariés et 300 000 indépendants. Cette année, ce déficit est encore plus élevé. Nous estimons à 100 000 le nombre de postes non pourvus.

 

Pourquoi ce phénomène ?

Nous constatons une reprise de la fréquentation touristique française et étrangère, notamment américaine et chinoise. Le phénomène est particulièrement marqué en Ile-de-France et en Provence-Côte d’Azur. Nous avons besoin de salariés, mais nous avons des difficultés à trouver du personnel qualifié, alors que la France connaît un chômage très important.

 

Comment l’expliquez-vous ?

C’est un problème d’image de nos métiers. Quand les jeunes sont en période d’orientation, leurs parents ne les incitent pas, en général, à se tourner vers nos professions. Ils les poussent plutôt à faire des études universitaires longues. Mais on voit de plus en plus de bac plus cinq, sans perspective, face à un mur. Car leur filière ne mène pas à un emploi. C’est pourquoi nous voulons rappeler que l’éventail des métiers et des compétences requises dans nos métiers est très large : cuisiniers, réceptionnistes, serveurs, personnels des étages dans les hôtels…

100 000 postes non pourvus dans l’hôtellerie-restauration

C’est un problème de rémunération ?

Non. En signant le contrat d’avenir avec l’État en 2009, impliquant une baisse de la TVA (aujourd’hui à 10 %), nous nous sommes engagés à proposer des salaires au-dessus du Smic. Aujourd’hui, on recense de nombreuses offres d’emploi à 1 700-1 800 € net, qui ne trouvent pas preneur. Et qui ne nécessitent pas cinq ans d’études.

 

Que préconisez-vous ?

Nous travaillons à des propositions que nous allons soumettre au gouvernement, avant la présentation du projet de loi sur la formation professionnelle cet automne. Cela concerne notamment les certificats de qualification professionnelle (CQP). Ils permettent d’acquérir rapidement une connaissance technique de nos métiers, en formation continue. Aujourd’hui, seuls trois CQP sont tournés vers nos métiers. Nous proposerons à l’État d’allonger cette liste. Par exemple, en créant un certificat dédié à la numérisation de l’approche commerciale. Nous comptons aussi travailler avec l’Éducation nationale afin de favoriser l’orientation vers nos métiers. Pour cela, nous comptons créer un observatoire de la profession, permettant de mesurer l’évolution des salaires, du temps de travail etc. Certes, nos métiers présentent des contraintes : on travaille souvent le week-end ou le soir. Mais on gagne très correctement sa vie. Dans l’hôtellerie-restauration, l’ascenseur social fonctionne.

Ouest France

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