Quel avenir pour la réservation en direct des hôtels ?

Quel avenir pour la réservation en direct des hôtels ?

Quel avenir pour la réservation en direct des hôtels ?

 

C’est la question que pose Rémi Ohayon, conseiller auprès des hôteliers-restaurateurs, dans un billet que nous publions dans son intégralité.                                                                                            Il revient notamment sur les engagements récemment pris par Booking.

Quel avenir pour la réservation en direct des hôtels ?

Rémy Ohayon Les Ateliers d’Apicius

 

« Avec cet engagement qui vient d’être signé pour 5 ans et qui prendra effet le 1er juillet 2015, Booking.com a réussi à imposer des prix moins chers chez les plates-formes de distribution (OTA ) que sur les sites Internet des hôteliers.

Oui, booking.com accepte que l’établissement propose un meilleur tarif sur une autre plate-forme de vente que la sienne, mais l’hôtelier, ne pourra pas proposer sur son propre site Internet des tarifs moins chers que ceux proposés sur Booking.com.

Tout l’enjeu de la parité tarifaire ne consistait pas à abolir une parité tarifaire entre plates-formes de distribution (OTAs), mais bien pour l’hôtelier, de pouvoir proposer ses propres tarifs et offres spéciales, sur son site Internet.

En autorisant les hôteliers à pratiquer des prix moins chers ailleurs, Booking.com contribue à inscrire davantage dans l’esprit des clients, que le meilleur prix garanti se trouve chez les OTAs.

Comme le prix est le premier critère déterminant (72% selon l’étude « Mode de réservation en ligne des hôtels en France » menée lors de l’écriture du livre Addi(c)tion ), nous comprenons qu’avec l’élimination des offres proposées par les établissements hôteliers en direct, dans cette concurrence du tarif le plus bas, la bataille ne se fera plus qu’entre OTAs, sur le seul terrain du référencement, pour inscrire sa plate-forme de vente dans le parcours d’achat du consommateur en quête du « meilleur prix garanti ». Le « Brand jacking » et le détournement de clientèle, réalisé par les plates-formes de distribution sur la marque de l’établissement, via l’achat de mots clés, absent de cet engagement, ne fait que commencer.

Le défi de la norme « mobile-friendly » de Google
Avec l’essor de l’usage d’Internet en mobilité, et dans une volonté affichée de meilleur service aux mobinautes, Google a souhaité faire évoluer ses algorithmes pour privilégier l’accès aux contenus des sites en responsive design.

Concrètement, cela signifie que les établissements ne disposant pas d’un site qui s’adapte à une tablette ou un smartphone, même ceux proposant une « version mobile », se verront déclasser par Google.

Lorsque l’on observe les budgets alloués par les OTAs au digital, cela résonne comme une sanction de plus pour les hôteliers et restaurateurs pour la commercialisation en direct sur la toile, beaucoup ayant remis à plus tard la mise à jour de leur site internet. Parallèlement à cela, Google annonce une meilleure indexation des contenus des applications téléchargées par l’utilisateur.

Ainsi, un utilisateur ayant téléchargé l’application d’un hôtel, d’un restaurant ou toute autre application (OTAs ) contenant les mots clés recherchés par l’utilisateur, se verra proposer de façon « proéminante » les contenus de l’application, lorsque les informations indexées dans celle-ci correspondront à sa recherche. Et la encore, l’avantage revient aux plates-formes de distribution…

Agir sur le terrain de la mobilité et du référencement est essentiel. Il faut aujourd’hui que l’hôtellerie et la restauration rattrapent leur retard pour des enjeux de visibilité mais aussi de meilleur confort de navigation pour leur client final. Avoir un site Internet responsive et investir sur le marché des applications n’est plus une option.

Mais au delà de cette nécessité, il faut préparer l’avenir pour éviter d’être dans une posture d’urgence et de courir après son retard.

La grande force des plates-formes de distribution consiste à collecter, analyser et utiliser la data (données clients) dans leur prospection commerciale et fidélisation client.

Avec l’interdiction de proposer des tarifs moins chers que ceux de Booking.com sur son propre site Internet pendant 5 ans, il y a une vraie nécessité à développer d’autres canaux de mise en relation directe entre l’hôtelier ou le restaurateur et le client final.

Les hôteliers et restaurateurs doivent s’équiper de solutions d’avenir qui permettent non seulement de basculer dans un environnement « responsive », nouveau critère de référencement Google, mais aussi de bénéficier conjointement d’un outil de gestion de la relation client, connecté à son site Internet, capable de compiler des données prospects et clients, afin de promouvoir de façon extrêmement précise ses offres spéciales et ses propres tarifs.

A l’instar des plates-formes de distribution, il faut capitaliser sur sa base client et s’inscrire dans une dynamique de fidélisation pour redonner du pouvoir à sa marque et développer la réservation en direct, sans intermédiaires ».

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