Prise en charge des “petits maux” par les pharmacies : l’expérimentation bretonne sera étendue à trois autres régions

Permettre à des pharmaciens de prendre en charge des petits maux (plaies simples, piqûres de tiques, brûlures du 1er degré…) : tel était l’objet de l’expérimentation menée depuis deux ans en Bretagne, dans le cadre de l’article 51 de la LFSS 2018. Une première évaluation, positive, a conduit l’ARS Bretagne, l’association Pharma Système Qualité et le ministère de la Santé à reconduire le dispositif. Ce sont désormais 74 pharmacies bretonnes, contre 50 précédemment, qui sont engagées dans le dispositif. Et l’expérimentation sera étendue à la rentrée à trois autres régions.

Lancée en 2021, l’expérimentation bretonne OSyS permet aux pharmaciens de prendre en charge des patients pour certains soins courants qui ne nécessitent pas de consulter un médecin, comme un simple mal de gorge ou une brûlure légère. Cette nouvelle organisation pourrait permettre de fluidifier le parcours de soins, en limitant le recours aux médecins.

Conjonctivite, cystite ou encore piqûre de tique : autant de petits maux du quotidien pour lesquels les patients peuvent se tourner vers une pharmacie. Afin de lutter contre la pénurie de médecins, l’expérimentation Orientation dans le système de soins (OSyS) a lieu en Bretagne depuis l’été 2021. Elle vise à faciliter la prise en charge des patients dans les zones désertées.

Orienter les patients pour lutter contre les déserts médicaux

Inspiré d’un modèle suisse, l’expérimentation est portée par l’association Pharma Système Qualité. Elle implique l’Agence régionale de santé (ARS), ainsi que des pharmaciens et des médecins libéraux.

Une cinquantaine de pharmacies volontaires guident les patients pour treize symptômesspécifiques : les maux de gorge, de tête, ou de dos, la rhinite, la conjonctivite, la piqûre de tique, la plaie simple, la vulvo-vaginite, les douleurs mictionnelles, la diarrhée, la constipation, la dyspepsie fonctionnelle (trouble digestif) ou encore la brûlure au premier degré.

Les pharmaciens s’appuient sur des outils d’aide à la décision pour poser des questions aux patients et effectuer un triage des situations. Les pharmacies orientent alors le patient, soit en lui fournissant un produit (médicamenteux ou non), soit en l’amenant à consulter un médecin ou à s’adresser aux urgences. Les officines sont situées dans des déserts médicaux ou dans des zones côtières où la population double ou triple au cours de l’été.

« L’intention est de répondre à cette problématique de désertification et de faire en sorte d’éviter l’engorgement systématique des cabinets médicaux et la saturation des urgences », précise Luc Mougin, président de l’union régionale des professionnels de santé (URPS) des pharmaciens de Bretagne qui soutient le projet.

OSyS permet également aux patients de bénéficier d’une prise en charge accélérée pour les soins ne nécessitant pas de consultation.

Le pharmacien exerce son rôle sans remplacer le médecin

Dans le cadre de l’expérimentation, les pharmaciens peuvent procéder à un retrait de tique, acte normalement réservé aux médecins. Ils exercent leur rôle habituel concernant les douze autres maux. Le pharmacien ne remplace pas le médecin : il s’agit simplement de valoriser le conseil pharmaceutique pour les « petits maux ».

« Il faudra attendre encore un peu avant d’évaluer les résultats de cette prise en charge. Mais il y a déjà des manifestations d’intérêt de la part de quelques unions régionales de professionnels de santé (principalement des masseurs-kinésithérapeutes et des sages-femmes) pour la prise en charge de certains maux ». Les kinésithérapeutes pourraient, par exemple, intervenir sur les cas de lombalgies aiguës.

Si l’expérimentation se révèle efficace, elle pourra éventuellement être généralisée à l’ensemble du territoire. Des résultats intermédiaires sont attendus à la fin de l’année 2022 afin d’évaluer la pertinence d’une deuxième phase.

Source essentiel santé magazine

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