L’Hôtel Intercontinental victime d’une arnaque

L’Hôtel Intercontinental victime d’une arnaque

L’Hôtel Intercontinental victime d’une arnaque

 

Genève Des malfrats ont tenté de voler 350’000 fr Suisse. à la société hôtelière. Deux suspects sous les verrous.

L’Hôtel Intercontinental victime d’une arnaque
Un administrateur de l’Hôtel Intercontinental Genève SA a porté plainte le 9 janvier à la police dans le cadre d’une escroquerie. Selon nos informations, la société a été victime d’une arnaque typique de la Zaïre connection, dite Z connection. Ainsi des escrocs ont subtilisé, dans une boîte aux lettres de La Poste, des ordres de virement du plaignant. Ils ont notamment modifié d’une part les montants, portant sur un total d’environ 350’000 fr., et d’autre part le destinataire afin de toucher l’argent sur leur compte. Avant de se servir.
Les malfrats seraient ainsi parvenus à détourner cet hiver 66 000 fr. et à retirer au bancomat 5000 fr. En revanche, ils n’ont pas réussi à toucher le plus gros des bulletins libellé pour 280’000 fr.: la banque UBS, qui gère ces paiements, s’est méfiée en voyant une différence de 8000 fr. entre le chiffre figurant sur l’ordre et celui écrit sur la feuille récapitulant les transferts requis.
Postière physionomiste
Une seconde victime, cette fois un particulier, a été visée par la même arnaque il y a un an. Il aurait subi un détournement de 60’000 fr. Mais la perspicacité d’une employée postale à Onex lui a permis de limiter la casse. Un homme s’est présenté avec un faux passeport pour retirer 25’000 fr. détournés à ce plaignant. Physionomiste, la postière trouve que la tête du client ne correspond pas bien à la photo de la pièce d’identité qu’il présente. Elle se renseigne dans les bureaux, l’homme s’enfuit. Le compte postal est bloqué.
L’enquête démarre. La police retrouve une trace d’ADN sur un des bulletins volés dans une boîte aux lettres. Après quelques recherches, les inspecteurs tiennent un suspect: un Français né en 1977 est interrogé en décembre dernier. Après avoir contesté, il se présente comme un simple exécutant d’un certain D. «qui se vantait de connaître Nabilla». Le Français accuse D. de lui avoir demandé d’ouvrir un compte pour accueillir de l’argent détourné. Ce dernier, un Congolais né en 1976, est arrêté la semaine dernière à Genève. Il conteste toute responsabilité.
Il connaît Nabilla
Le Français affirme avoir rencontré D. l’été 2013 à Genève. A l’époque, cet Africain, condamné en 2011 à 28 mois de prison ferme, jouit d’une certaine notoriété à Champ-Dollon et dans les médias. Et pour cause: il a dirigé des arnaques de Z connection dans lesquelles il aurait impliqué Nabilla. Le Matin révèle alors que le témoignage de la jeune femme, qui a passé un mois en détention en 2009, a été capital pour faire tomber les cerveaux, dont D. Mais ce paysagiste congolais, père de trois enfants, soutient qu’il se tient à carreau depuis sa libération.
Pourtant, lors de son audition la semaine dernière, les enquêteurs lui montrent une image de vidéosurveillance prise récemment à l’UBS. On le suspecte d’être venu retirer de l’argent détourné à l’Intercontinental ce jour-là. Une preuve à charge? Impossible aux yeux de son avocat Me Nicola Meier, qui estime que son client «trinque» pour son passé pénal: «Pas besoin d’être un expert ès pilosité pour distinguer un homme aussi barbu que mon client du jeune imberbe se rendant sur cette image à l’UBS! Les photos de lui sur son téléphone, à l’époque des faits, le disculperont sans équivoque.»
Entendu le 15 janvier, D. admet avoir rencontré le suspect français en 2013. Mais il explique lui avoir simplement dit que ce type d’arnaque, très connu selon lui depuis la médiatisation de l’affaire Nabilla, était un jeu d’enfant. C’est tout. Il le répète, il s’est rangé. Rien à voir avec l’homme tout de blanc vêtu qui menait la grande vie et payait des tournées dans les boîtes de nuit genevoises entre 2007 et 2009. Le suspect français, défendu par Me Christel Burri, soutient que D. lui a proposé de collaborer en 2013 contre 20’000 fr. Il aurait refusé. D. serait revenu à la charge en lui demandant d’ouvrir un compte à La Poste contre 2000 fr. Balivernes, selon le prévenu congolais.
Henri Della Casa, porte-parole du pouvoir judiciaire, confirme le dépôt de la plainte de l’Hôtel Intercontinental Genève SA et l’arrestation des deux suspects «prévenus de faux dans les titres, dans les certificats, escroquerie et vol».

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