La crise a impacté négativement les valeurs patrimoniales d’exploitation

Au moment du rapport Alteres sur le “dur retour à la réalité” des défaillances d’entreprises, un élément important a été mis de côté lors des décisions étatiques sur la pandémie : la perte des valeurs patrimoniales d’exploitation.

Chacun d’entre nous a eu l’occasion d’échanger avec des professionnels qui ont bénéficié des indemnités pour perte d’exploitation. Ces indemnités ont eu un effet, peu ou prou, intéressant sur les pertes d’exploitation mais c’est le court terme.

En effet, lorsque l’on est un professionnel, on a une vision sur le long terme, notamment du fait que les prêts professionnels ont une durée moyenne de 7 ans.

Or, des professionnels commencent à faire entendre leur voix car ils estiment avoir perdu de la valeur patrimoniale alors que l’opinion générale, non entrepreneuse, ne comprend pas cette position. Pour cette dernière, les professionnels ont eu des indemnités suffisantes.

Sauf que ces aides sont relatives à la perte d’exploitation alors que la valeur patrimoniale est définie par les deux derniers bilans. Or, du fait que les deux derniers bilans sont liés aux année 2020 et 2021, en pleine crise économique, il est facile de comprendre que les valeurs patrimoniales d’exploitation ont été durement impactés. Il est possible de lire ici ou là qu’il faut prendre les bilans antérieurs à l’année 2020 mais la réalité économique ne peut pas écarter les bilans 2020 et 2021 dont les potentiels acheteurs de fonds de commerce mettent en avant par opportunisme au détriment des vendeurs.

Un échange avec Monsieur Daniel Brunin, hôtelier du Morbihan, est édifiant. Il est propriétaire du fonds de commerce : l’hôtel-restaurant La Croix d’or à Le Faouët (56320).

“Les indemnités ont eu le mérite d’exister mais 10.000 euros par mois pendant 7 mois n’ont pas du tout compensé les charges. J’ai un loyer de 4.000 euros et un remboursement de prêt de 3.000 euros. Si on rajoute les autres charges, je suis déjà déficitaire, rien que sur l’exploitation.”

Pis, l’échange avec cet hôtelier nous révèle des points que nous ne pouvons pas comprendre si on n’est pas un professionnel.

‘J’essaie de vendre mon fonds de commerce. On m’avait dit que la valorisation s’effectuerait sur les années antérieures à l’année 2020 : c’est faux. Les experts-comptables et les acheteurs demandent les bilans des années 2020 et 2021. Or, ces deux années sont catastrophiques car j’ai perdu 50% de mon chiffre d’affaires.”

Cette situation peut compliquer un remboursement anticipé du prêt professionnel.

De plus, Monsieur Daniel Brunin nous révèle une bataille juridique contre son bailleur. À l’origine, son loyer représentait 16% de son chiffre d’affaires. Or, depuis 2020, il représente 40% de son chiffre d’affaires, ce qui est intenable. Il se retrouve coincé avec un fonds de commerce dévalorisé.

Enfin, la mise en avant du télétravail n’a fait qu’accentuer cette situation tragique car la clientèle n’est pas revenue comme en 2019.

Monsieur Daniel Brunin conclut : “l’État n’assume pas complètement ses responsabilités”.

On pourrait se dire que cette situation est unique et non représentative. Or, c’est l’inverse. La très forte majorité des professionnels qui ont perçu des indemnités d’exploitation sont dans cette situation. Cependant, cette réalité apparaît lorsqu’ils souhaitent vendre leur fonds de commerce.

À bon entendeur, salut.

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