Juliette en stage dans les cuisines de l’Élysée

Juliette en stage dans les cuisines de l’Élysée

 

Élève du lycée Bayet, Juliette, 18 ans, de Tours, a effectué un stage à l’Élysée où elle a pu cuisiner pour Emmanuel Macron, sa femme et leurs invités.

Juliette en stage dans les cuisines de l’Élysée
Juliette Fontaine avec le chef Guillaume Gomez qui dirige les cuisines du palais de l’Élysée depuis plus de vingt ans.
Juliette Fontaine avec le chef Guillaume Gomez qui dirige les cuisines du palais de l’Élysée depuis plus de vingt ans.
© Photo NR

Juliette Fontaine, 18 ans, est élève de terminale en bac pro cuisine au lycée Albert-Bayet de Tours. Elle envisage de poursuivre son cursus par un BTS et une mention complémentaire en pâtisserie.
Elle a baigné dans le milieu de la restauration avec un papa, David, et une maman, Isabelle, sommeliers. Tout comme sa marraine, « mais quand même un parrain cuisinier ! », sourit la jeune femme.

Il y a quelque temps, comme tous ses camarades de classe, Juliette a dû effectuer un stage dans un restaurant. Et le sien était d’un genre un peu particulier puisqu’il s’agissait des cuisines de l’Élysée ! « J’ai été appuyée par mes professeurs pour y aller, j’espérais vraiment être prise. »
“ Le président Macron est très gentil avec le personnel ” Le premier jour, ses parents la déposent à l’Hôtel de Marigny, voisin de l’Élysée, la résidence des chefs d’État étrangers en visite.

C’est là qu’elle logera pendant un mois, dans une petite chambre réservée au personnel, avec juste la rue à traverser pour pénétrer dans le saint des saints de la République : « C’était impressionnant d’entrer par ce grand portail gardé par des gendarmes. Le premier jour, comme le président était absent, on m’a fait visiter les salons. Puis on ma montré l’argenterie, la vaisselle et on m’a présenté au chef, Guillaume Gomez. »
Sept heures par jour, Juliette a travaillé pendant plusieurs semaines parmi la brigade des quinze cuisiniers qui œuvrent à l’Élysée « au sous-sol, dans l’aile gauche du palais », précise-t-elle. Chaque jour, trois cents repas sortent de ces cuisines pour le personnel de l’Élysée, les conseillers techniques, le cabinet et le président de la République.

« Ses repas et ceux de ses invités sont préparés à part, par un chef de partie et deux cuisiniers. Ils sont servis à l’assiette avec des plateaux en argent. La vaisselle réservée au président, c’est de la porcelaine de Sèvres dorée à l’or fin. C’est magnifique, je n’en reverrai jamais comme ça ailleurs. Mais on n’a pas intérêt à en casser une ! », sourit Juliette.

La jeune femme a croisé le président quelques fois, dans la cour d’honneur ou dans les couloirs, et elle a même eu la chance d’être affectée une semaine entière aux plats chauds pour la présidence : « A la première sonnerie, on sait que le président va passer à table ; à la deuxième, il faut envoyer les plats rapidement. Tout est minuté, c’est très stressant. »

« Le soir, ajoute Juliette, je crois que le président dîne souvent seul, avec sa femme, et qu’ils veulent manger simple. Je me souviens qu’une fois, on leur a préparé des endives au jambon. Mme Macron, elle, aime beaucoup les pickles. » (*)
Si elle n’a jamais vu le président descendre en cuisine, elle raconte qu’une autre stagiaire en service de son âge, Marion, a été autorisée à aller servir le président : « Quand elle est entrée dans la salle à manger, il lui a dit bonjour, comme il fait à tous les gens qu’il croise dans les couloirs. Tous les serveurs nous disaient qu’il était très gentil avec le personnel. »

Au terme de ce stage un peu particulier, Juliette dit n’avoir gardé « que de bons souvenirs. Il y a une très bonne ambiance, tout le monde connaît sa chance d’être là et chacun se donne à fond, consciencieusement. Et on travaille avec les meilleurs produits qui existent ».
Après ce stage à l’Élysée, les autres missions de Juliette lui paraîtront peut-être un peu fades, maintenant ? « Non, j’aimerais partir à l’étranger, dans un grand restaurant étoilé. Même si je préfère les très bons petits restaurants traditionnels plutôt que la cuisine trop extravagante. »
(*) Petits légumes conservés au vinaigre ou fermentés.

 

La Nouvelle République 

 

 

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