Innovation ou dystopie ? Depuis quelques semaines, les clients d’une poignée de restaurants, dont Yaso Kitchen et Sansan Chicken, à New York, sont accueillis via Zoom par des employés installés aux Philippines. Un modèle très controversé.
Une cliente interpellée par une “serveuse” philippine à son arrivée au Sansan Ramen de New York, le 4 avril 2024. VICTOR J. BLUE/NYT
“Au Sansan Chicken de Long Island City, dans le Queens, l’employée affiche un large sourire et recommande le sandwich au poulet frit, raconte The New York Times. Ou peut-être a-t-elle suggéré le tonkatsu − c’est difficile à dire, car la connexion Internet depuis son domicile aux Philippines était capricieuse.” Romy est l’une des douze “employés de caisse virtuels”qui accueillent des clients dans des restaurants new-yorkais, tout en vivant à 13 000 kilomètres et douze fuseaux horaires de là.
Ces prises de commandes et ces conseils via Zoom sont-ils “un signe d’innovation du marché de l’emploi ou d’un avenir dystopique construit autour de l’exploitation de la main-d’œuvre étrangère ?” se demande la correspondante à Manille du South China Morning Post.
Des coûts divisés par cinq
Patricia, la Philippine qui officie à la caisse du restaurant, est payée 3 dollars de l’heure (environ 2,80 euros). Or un employé de la restauration à New York en chair et en os est payé 16 dollars, soit au-delà de cinq fois plus. « Notre concept s’adresse essentiellement aux propriétaires de petits restaurants. Le but, c’est de les aider à réduire leur masse salariale », a assuré Chi Zhang, fondateur et président-directeur général de Happy Cashier, qui fournit ce service dématérialisé. Selon lui, entre l’inflation et la flambée des prix des loyers, les entrepreneurs peinent à embaucher.



