Coronavirus : la réforme de l’indemnisation de l’assurance-chômage reportée au 1er septembre

Coronavirus : la réforme de l’indemnisation de l’assurance-chômage reportée au 1er septembre

 

L’entrée en vigueur de nouvelles règles en application de la réforme de l’assurance chômage était initialement initialement prévue au 1er avril.

Coronavirus : la réforme de l'indemnisation de l'assurance-chômage reportée au 1er septembre

La ministre du Travail Muriel Pénicaud. LUDOVIC MARIN / AFP

Depuis plusieurs semaines, les syndicats exigeaient son report, voire son abandon. Lundi, et compte tenu de l’aggravation de l’épidémie de coronavirus, ils ont eu gain de cause. Le second volet de la réforme de l’assurance-chômage qui devait entrer en vigueur au 1er avril va finalement été reporté au 1er septembre, a annoncé la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. «La réforme a été conçue dans un contexte qui n’a plus rien à voir avec celui que nous connaissons aujourd’hui. J’ai donc proposé au président de la République et au premier ministre qu’on reporte les nouvelles règles au 1er septembre et ils ont accepté», a expliqué la ministre sur BFMTV. Un décret sera publié dans les deux jours pour acter ce nouveau calendrier.

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Dans la foulée de l’annonce faite par Muriel Pénicaud, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a salué la décision du gouvernement de reporter la réforme. «La solidarité doit prévaloir dans cette période», a-t-il commenté. Discours légèrement différent du côté de Force ouvrière. Pour Yves Veyrier, le choix du «gouvernement sur l’indemnisation de l’assurance chômage est le moins que l’on pouvait attendre». En ce sens, le leader syndical va plus loin et demande de «mettre fin» aux dispositions de la réforme. «Macron doit annuler l’ensemble de ses décrets, et pas seulement les repousser» a quant à elle commenté la CGT chômeurs.

Cette deuxième phase de la réforme de l’assurance-chômage est de loin la plus porteuse d’effets car elle modifiera le calcul de l’allocation-chômage pour les personnes dont la fin de contrat de travail interviendra après le 1er septembre. Ce changement durcit notamment le calcul de l’allocation pour les «permittents», ces travailleurs qui alternent contrats courts et périodes de chômage et qui sont nombreux dans les secteurs les plus touchés par la crise, comme le tourisme, la restauration ou l’événementiel.

Aujourd’hui, la base de cette allocation – à savoir le salaire journalier de référence – est calculée en divisant la somme des rémunérations perçues dans les 12 mois précédant la fin du contrat par les seuls jours travaillés pendant cette période. Dès le 1er septembre, cette somme calculée désormais sur 24 mois sera divisée par l’ensemble des jours, travaillés ou non, entre le début du premier contrat et la fin du dernier.

Selon l’Unédic, quelque 850.000 nouveaux entrants auraient une allocation mensuelle plus faible de 22% en moyenne (de 905 à 708 euros). Certes, ils verraient leur durée maximale d’indemnisation s’allonger (de 12 à 18 mois en moyenne). Mais la plupart des demandeurs n’utilisant pas leur capital en intégralité (10 mois en moyenne), cette mesure doit permettre de réaliser des économies substantielles. Au-delà des économies, le gouvernement affirme vouloir mettre fin à une situation actuellement plus favorable, pour la même quantité de travail, aux personnes alternant contrats courts et inactivité qu’à celles travaillant en continu. Et qui ne sont donc pas incitées selon lui à accepter un contrat long.

Source Le Figaro 

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