Ces 120.000 salariés de l’hôtellerie-restauration qui ont déserté
Les craintes des principales organisations patronales de l’hôtellerie-restauration, un secteur traditionnellement en tension, se sont confirmées. Anticipant la sortie du troisième confinement, ils ont mené en avril une étude, dont les résultats ont montré que 100.000 collaborateurs avaient quitté le secteur. Un chiffre qui avoisinerait désormais les 120.000 salariés. Nombre de saisonniers n’ont en effet pas repris du service cet été, obligeant les établissements à faire appel à de la main-d’œuvre étudiante encore plus que de coutume. Et une question demeure: que sont devenus tous ces employés du secteur?
Certains sont toujours au chômage, d’autres devenus auto-entrepreneur, d’autres encore ont changés de métiers.
Je suis devenu maître de cérémonie à 1 300 € par mois au rythme de trois enterrements quotidiens. Je dois parfois habiller les morts, accrocher un collier au cou d’une défunte”, cauchemarde Hugues, qui fut pourtant un extra heureux depuis 1987 avant que la pandémie de Covid-19 le plonge dans la pauvreté et l’indifférence. “On m’a refusé le RSA, car j’avais un peu d’épargne pour ma retraite. Je suis retourné chez ma mère, à 56 ans.”
“Avant la crise, les employés avaient la tête dans le guidon et ne se posaient pas vraiment de questions”,analyse Jean-Claude Cahagnet, de l’Auberge des Saints Pères à Aulnay (Seine-Saint-Denis), qui a perdu la totalité de son personnel de salle depuis la crise. “Tous mes employés sont en CDI sans coupure, alors ils reviendront aussi pour leur salaire de 2 000 à 3 000 € pour un serveur”, modère le restaurateur Xavier Denamur. “Le stress du recrutement varie selon la situation géographique, la présence ou non d’une activité hôtelière, voire d’une terrasse”, décrypte Alban Moreau, du service social de l’entreprise de conseil et d’audit Fiteco.




