Après son offre d’emploi polémique, le gérant du restaurant « Le Ritchie’s » à Pouilly-en-Auxois veut embaucher un réfugié

En février, le gérant du restaurant « Le Ritchie’s » à Créancey, près de Semur-en-Auxois, avait publié une offre d’emploi polémique. Il reconnaît un échec, et c’est finalement le hasard qui lui a permis d’embaucher un nouveau salarié, un réfugié malien.

À Créancey, tout près de Pouilly-en-Auxois, le patron du restaurant « Le Ritchie’s » a réussi à recruter. Vous vous en souvenez peut-être : début février, Sébastien Senabre avait publié une annonce d’offre d’emploi qui avait fait polémique.

« Vous êtes gavés d’aides sociales, vous passez vos journées à jouer à la PlayStation et vous en avez marre de chercher à bouffer à la banque alimentaire, d’appeler l’assistante sociale tous les 15 jours pour payer la facture Netflix et vous espérez de vivre mieux en votant LFI, cette annonce est faite pour vous !! Nous cherchons pour la saison 2025 serveurs, cuisto, peu importe votre couleur, votre religion, votre âge, avec ou sans sexe et même si vous votez à gauche on est prêt à faire un effort. » Voilà ce que disait l’annonce. Elle avait fait le tour des réseaux sociaux, mais n’avait pas eu le succès escompté. Sébastien Senabre le reconnaît lui-même : elle avait pu paraître stigmatisante et mépriser une certaine catégorie de population. Il fait amende honorable : ce n’était pas le but, dit-il aujourd’hui.

Toujours est il qu’il a réussi à recruter, mais pas grâce à son annonce. C’est le hasard qui est venu frapper à sa porte.

Une rencontre inattendue

C’est Sakir, un réfugié malien de 26 ans, originaire de Tombouctou, qui va travailler au Ritchie’s comme employé polyvalent, à partir de mi-avril, le temps de faire les démarches liées à l’embauche. Employer une personne réfugiée est complexe, mais est un atout pour accélérer la demande de titre de séjour. « Ça permet d’appuyer la demande, j’ai l’espoir, je croise les doigts« , dit-il. Arrivé en France il y a huit mois via le point de passage de Bayonne, dans les Pyrénées-Atlantiques – on n’en saura pas plus sur son long voyage -, il vit aujourd’hui dans un centre d’hébergement à Pouilly-en-Auxois.

Il n’a pas grand chose à faire de ses journées, déplore-t-il. Alors, courant février, il pousse la porte du restaurant pour chercher du travail. À ce moment là, le patron est débordé. Sakir propose son aide et le courant passe tout de suite. « J’avais envie de travailler. Je passe toute la journée à la maison enfermé, je n’ai rien à faire« , explique Sakir. « Donc je suis sorti et je suis tombé sur Sébastien. Je suis rentré dans le restaurant, je lui ai dit que je cherchais du travail. Et j’ai fait la plonge. J’ai travaillé.« 

« Je mets le tablier et je viens t’aider »

Sébastien Senabre est toujours abasourdi de cette rencontre. « Un samedi soir, il devait être vingt heures, ou vingt heures trente. J’étais dépassé parce que j’étais seul en salle. J’avais juste un cuisinier. Il faut débarrasser, il faut encaisser, il faut envoyer les desserts, il faut servir, il faut répondre au téléphone. La plonge était en panne, on n’avait plus de lave-vaisselle. Et puis tout d’un coup, on frappe à la porte. J’ouvre, et je vois ce jeune garçon qui dit « Ben voilà, je cherche du travail ». Déjà je me pince, je me dis « Merde, un mec qui vient me voir, qui cherche du travail, c’est pas possible, ça n’existe pas ici ! » Il me dit « Si tu veux, je peux attaquer maintenant. » Et il m’a dit « Je mets le tablier et je viens t’aider. » J’avais un retard d’à peu près une demi-heure. Grâce à Sakir, on a rattrapé cette demi-heure. Il a super bien bossé et j’étais vraiment content de lui, je l’ai fait revenir le lendemain. C’est vraiment quelqu’un qui a envie de travailler, qui travaille très bien et qui est bon dans ce qu’il fait. » Sakir sera à la plonge et au service.

De son côté le patron du restaurant Sébastien Senabre est très content de son nouvel employé, qui a déjà fait ses preuves. « Moi j’ai envie de le garder, il est hyper motivé. À la clé, je lui fais un CDI à 35 heures, avec les mêmes conditions que les autres salariés. Moi ça me permet d’avoir quelqu’un de fiable. Et puis cette envie de travailler, de faire partie d’une équipe, chez Sakir, c’est ça qui m’a vachement plu. » À plus long terme et s’il obtient sa demande d’asile, Sakir hésite encore sur ses projets : une formation en électricité, ou la poursuite de ses études en littérature étrangère.

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