Paris : la maison Dalloyau, la plus ancienne institution gastronomique, placée en redressement judiciaire

Le traiteur de luxe envisagerait d’ouvrir des points de vente Dalloyau dans certains hôtels Accor, s’il devait l’emporter. HJCB / HJBC – stock.adobe.com
Le coup de foudre de Louis XIV pour un petit pain de Charles Dalloyau
Son histoire remonte aux cuisines du château de Chantilly (Oise) en 1682. Charles Dalloyau est alors au service du prince de Condé. Mais le roi Louis XIV goûte un de ses petits pains et tombe sous le charme. Il le fait alors entrer à son service comme officier de bouche. Le début d’une dynastie familiale. Quatre générations se succèdent à Versailles. Mais à la Révolution, ils se retrouvent du jour au lendemain au chômage technique.
Les clients du traiteur parisien Dalloyau peuvent se rassurer. Placée en redressement judiciaire par son propriétaire Perceva cet été, la maison tricentenaire (sa création remonte à 1682 à la cour du château de Versailles) suscite les convoitises. Alors qu’Hédiard a disparu, Dalloyau ouvre l’appétit de grands groupes. Elior a déposé une offre et serait prêt à investir 1 million d’euros selon BFM. Potel et Chabot, contrôlé par Accor, est également sur les rangs. Exploitant des lieux d’exception en concessions (comme le Pavillon Gabriel et le Pavillon Vendôme à Paris), le traiteur de luxe envisagerait d’ouvrir des points de vente Dalloyau dans certains hôtels Accor, s’il devait l’emporter.
Dans la restauration cette fois-ci, le Groupe Bertrand déjà propriétaire des salons de thé Angelina, se verrait ajouter une marque de prestige à sa collection d’enseignes (l’hôtel Saint James Paris, a Coupole…). Il s’est fait une spécialité de racheter les entreprises en difficulté pour les redresser. S’ajouteraient de plus petits candidats, parmi lesquels The Taste Club, un traiteur d’événements professionnels.
En 2008, Dalloyau a été secoué par la crise financière. Fin 2020, il a été placé en procédure de sauvegarde. Depuis, il accumule les pertes. À la tête d’une poignée de boutiques en France dont l’emblématique adresse de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, son chiffre d’affaires avoisinerait les 10 millions d’euros. Six fois moins qu’en 2010.

Dalloyau va changer de crémerie. D’après les informations de BFM Business dévoilées le 13 septembre 2024, le traiteur pourrait être racheté. Le groupe Elior aurait formulé uneoffre de reprise pour l’entreprise placée en redressement judiciaire en août dernier. Dans son offre déposée auprès du tribunal de commerce, le groupe aurait fait plusieurs promesses. Tout d’abord, Elior s’engage à préserver l’intégrité complète de la maison gastronomique. En outre, un million d’euros sera investi afin de moderniser les cuisines et le réseau des différentes boutiques Dalloyau. Cela devrait permettre d’assurer le positionnement de la marque.
Dans un souci de préserver la vision haut de gamme de Dalloyau, la société pourrait rester autonome. L’ADN bien connu de la maison devrait être respecté. Elior entend miser sur sa nouvelle acquisition pour intégrer sa carte à des lieux prestigieux déjà détenus par le groupe, tels que la Maison de l’Amérique latine. Pour s’assurer la reprise du traiteur, Elior a tenu à rappeler au tribunal qu’il avait les reins solides. Le géant de la restauration collective a présenté des chiffres encourageants, les meilleurs depuis la reprise par Derichebourg il y a un an et demi. La dette a été réduite et l’entreprise peut se targuer d’avoir enregistré un résultat net positif, et ce, pour la première fois depuis la crise sanitaire.



