Ni, la directrice générale monde de Sodexo Live, en charge des 40 000 repas par jour au village, répond aux différentes critiques émises par certains athlètes dont la star américaine Simone Biles.

Nathalie Bellon-Szabo répond à Simone Biles. (L’Equipe)
Il a suffi d’une remarque de Simone Biles sur la nourriture au village pour que tout s’enflamme, notamment sur les réseaux sociaux. « Ce n’est pas vraiment de la cuisine française dans le Village. Nous (aux États-Unis), c’est un peu plus sain », a déclaré la gymnaste, mardi dernier, dans les travées de l’Arena Bercy après son nouveau titre olympique dans le concours par équipe. Une critique à peine voilée, naturellement relevée par Sodexo Live !, partenaire de Paris 2024, en charge de livrer 13 millions de repas durant les Jeux.
« Elle a dit que la nourriture n’était pas française. Oui, elle a raison, la nourriture proposée aux athlètes est diverse. On a répondu au cahier des charges qui nous a été donné par Paris 2024, et validé par les différents comités nationaux olympiques et le CIO », nous a expliqué, vendredi, Nathalie Bellon-Szabo, la directrice générale monde de Sodexo Live ! en précisant qu’il y a « quatre restaurants au village : un français, un international, un africain et caribéen et un asiatique ». Et d’insister : « En plus, Simone Biles a dit que la nourriture était saine. Oui, elle est très saine, elle est adaptée pour les athlètes. »
« Dans les premiers jours, on s’est rendu compte qu’il y avait une surconsommation de viande (…) On a dû s’adapter en vingt-quatre heures »

Le lendemain, le nageur italien Thomas Ceccon, recordman du monde du 100 m et médaillé d’or sur 100 m, assurait dans une interview que « beaucoup quittent le village parce qu’on y mange mal. Il fait chaud, il n’y a pas de clim’ ».
« Je regrette un peu ce focus médiatique sur certains athlètes qui ne reflètent pas la réalité », poursuit Nathalie Bellon-Szabo dont la société sert quotidiennement 40 000 repas au village olympique et notamment au restaurant principal situé dans l’imposante nef de la Cité du cinéma. « J’ai rencontré Antoine Dupont, il y a trois jours, à la Tour Eiffel. Il est arrivé avec toute l’équipe de rugby à 7 et je me suis permis d’aller discuter avec lui. Je lui ai demandé s’il avait mangé très bien au village, il m’a répondu que oui. Quand je l’ai félicité pour sa médaille, il m’a répondu : « La nourriture a fait partie de l’expérience pour gagner la médaille ». Ça me donne du baume au coeur. »
Il n’empêche que les débuts ont été difficiles pour les équipes de sa société qui emploie pour les Jeux 6 000 personnes dont 1 000 sur le Village olympique (5000 sont dispatchés sur les 14 sites qu’elle gère pour nourrir le public). À peine arrivés, plusieurs athlètes s’étaient plaints du manque de viande et de protéines au restaurant. Le CIO, lors de sa conférence quotidienne mardi dernier, avait ainsi souligné qu’une tonne de viande et 700 kg d’oeufs avaient été livrés pour assurer les besoins des athlètes. « Dans les premiers jours, on s’est rendu compte qu’il y avait une surconsommation de viande, confirme la directrice générale. On s’est mis d’accord avec le COJOP, les CNO et le CIO pour en augmenter la part. » La proportion de viande grillée (poulet et boeuf) a donc été multipliée par trois afin d’assurer, en moyenne, 900 grammes par jour et par athlète. « On a dû s’adapter en vingt-quatre heures », note-t-elle.
Autre ajustement, les athlètes se servent désormais directement au bar à salade afin de fluidifier leur parcours au déjeuner. Car le temps d’attente pour avoir un plat faisait également partie des critiques. « Il y avait cinq à dix minutes d’attente. C’est normal quand vous avez des milliers d’athlètes, surtout avant la cérémonie d’ouverture. Tous les athlètes sont arrivés au même moment et ils étaient tous focalisés sur les grillades. Aujourd’hui, il n’y a plus d’attente » ajoute-t-elle.
Et quand on lui fait remarquer que la délégation britannique a désormais son propre chef, alors que les 27 présents sur le Village olympique sont tous issus de son groupe, elle rétorque : « Je peux vous dire que les Britanniques, depuis dix jours, viennent tous les jours au Village. J’en ai vu. Ce n’est pas parce que le patron de la team anglaise a ajouté un chef dans son centre d’entraînement que les athlètes ne viennent pas manger au Village. J’ai appelé ce monsieur pour le voir (ça n’a finalement pas été possible), mais il était très content que je prenne le temps de faire la démarche » poursuit la directrice générale.
Après une semaine d’épreuves, Nathalie Bellon-Szabo insiste enfin sur l’adaptation « en permanence aux attentes des athlètes » et se console avec le « succès fou » rencontré par le muffin au chocolat auprès des athlètes.



