Saison estivale : l’hôtellerie française s’en sort mieux que ses voisines

Saison estivale : l’hôtellerie française s’en sort mieux que ses voisines

Dans un « premier bilan de l’été 2020 », le cabinet MKG constate les performances de l’hôtellerie des littoraux de la Manche et de l’Atlantique. Malgré l’atonie de l’activité à Paris, privé des clientèles internationales, au mois de juillet le taux d’occupation des hôtels en France est largement supérieur à ceux des autres destinations touristiques en Europe.

Saison estivale : l’hôtellerie française s’en sort mieux que ses voisines

La saison estivale a redonné de l’air à une hôtellerie française, à l’arrêt quasi total lors du confinement, mais le redémarrage est contrasté.

Dans un « premier bilan de l’été 2020 », communiqué ce vendredi, le cabinet d’études et de conseil MKG, qui fait référence, confirme la tendance à la réouverture des établissements, fermés faute de clients. Au 16 août, le parc métropolitain, soit 18.600 hôtels pour 690.000 chambres, était à nouveau opérationnel à 80 % (par rapport au nombre de chambres), à comparer à un point bas de 17 % début avril.

Disparités

Le cabinet, qui avait déjà communiqué des données fin juillet, corrobore la physionomie générale de cette saison estivale 2020 . Il témoigne à nouveau du succès du littoral avec un taux de disponibilité du parc de 98 %, et de bien meilleures performances en comparaison à celles enregistrées par ailleurs.

Les hôtels situés sur la façade de la Manche enregistrent même, pour les seize premiers jours d’août, une fréquentation en hausse de 4,5 points par rapport à même période de 2019, d’où une baisse de 2,3 points en cumul depuis le 1er juillet par rapport à même période de l’an dernier, soit un taux d’occupation (TO) de 77,3 %. MKG estime l’été également « réussi » pour la façade Atlantique et le littoral breton, en dépit de taux d’occupation en repli de 3,5 points (à 82,1 %) et de 7,3 points (76 %) respectivement.

Atonie du tourisme urbain

A contrario, les hôteliers du pourtour méditerranéen sont à la peine, avec une baisse de fréquentation de 12,7 points sur cette même période 1er juillet-16 août – sachant qu’août est bien meilleur que juillet -, d’où un TO de 72 % en cumul.

La dégringolade est encore plus significative pour l’hôtellerie de province hors littoral au vu d’un taux d’occupation régressant 14,1 % (à 58,3 %). En creux, MKG témoigne de l’atonie du tourisme urbain, la situation étant bien plus criante à Paris, qui compte 1.500 établissements, soit 80.000 chambres. Selon le cabinet spécialisé, le taux d’occupation dans la capitale s’est effondré de quasiment 50 points sur cette même période 1er juillet-16 août, à 34 %, sachant que le parc parisien est disponible à hauteur de 47 %…

Si les clientèles étrangères ont fait globalement défaut à l’hôtellerie tricolore, Paris est tout particulièrement en manque de visiteurs , la désaffection des Européens s’ajoutant à celle bien plus sensible encore des touristes non continentaux, en premier lieu américains et asiatiques.

Le luxe parisien délaissé

L’absence de ces clientèles dites « long courrier » a tout particulièrement pesé sur l’hôtellerie haut de gamme et luxe parisienne. Alors qu’il atteint 59 % en moyenne sur le plan national, le taux d’ouverture des 5 étoiles est de 29 % dans la capitale. De fait, nombreux de 5 étoiles et palaces n’ouvriront qu’en septembre (le Ritz et le Crillon rouvrent ce lundi 24 août). La Côte d’Azur, deuxième grande destination tricolore, est également touchée.

Dans les palaces parisiens, « la situation n’est pas près de s’améliorer »

MKG confirme aussi que le surplus de fréquentation domestique a « principalement » bénéficié aux campings et à la location de meublés. Le cabinet relève toutefois que les catégories hôtelières économiques et moyen de gamme en ont également profité, tout comme de la venue de voisins européens.

La France résiste

Par ailleurs, le cabinet constate que l’hôtellerie française a « mieux résisté » cet été au regard de la situation dans les autres pays, sur la base de statistiques sur le seul mois de juillet.

Le mois dernier, le TO moyen dans l’Hexagone approchait en effet les 51 %, alors qu’il tournait autour de 35 % en Allemagne, en Italie et au Portugal. En Grèce, il dépassait légèrement les 31 %, tandis qu’il se situait en deçà de 30 % en Espagne.

Les restrictions imposées au tourisme espagnol sont disproportionnées

Dans un contexte de vacanciers européens demeurant à domicile, la destination France tire parti d’une demande domestique forte, de sa diversité aussi.

Ceci étant, le directeur général de MKG, Vanguelis Panayotis, rappelle que, « dès début septembre », l’hôtellerie entre « dans une nouvelle séquence où la clientèle affaires, qui représente les deux tiers du chiffre d’affaires de l’hôtellerie française sur l’année, devra prendre le relais des vacanciers. » Or, divers signaux laissent à penser que la rentrée va être difficile en matière de tourisme d’affaires…

 

Article de Christophe Palierse  – A retrouver en cliquant sur Source

Source : Saison estivale : l’hôtellerie française s’en sort mieux que ses voisines | Les Echos par |

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