La France veut améliorer ses recettes touristiques

La France veut améliorer ses recettes touristiques

 

Malgré une fréquentation record de plus de 89 millions de touristes en 2018, l’Assemblée nationale estime que la France n’offre pas « toutes les opportunités de consommation » pour les étrangers qui la visitent. Et formule des préconisations en ce sens.

À première vue, les chiffres ont de quoi réjouir ceux qui s’inquiétaient de l’impact sur le tourisme du mouvement des « gilets jaunes » ou des grèves des transports aériens et ferroviaires sur l’attractivité de la France à l’international. En 2018, l’Hexagone a accueilli 89,4 millions de visiteurs étrangers, indique ainsi un rapport d’information de l’Assemblée nationale.

Malgré cette fréquentation record, en hausse de 3 % par rapport à l’année précédente et qui continue de faire de la France la première destination touristique mondiale, le rapport estime que ses recettes touristiques sont « décevantes » et « largement en deçà de leur potentiel ». Autrement dit, la France peut mieux faire. Alors que « le désir de découvrir la France est profondément ancré dans l’imaginaire touristique », le rapport invite aussi la France à mieux tirer profit de la croissance des flux touristiques.

Première en arrivées, troisième en recettes

Si elle est la championne mondiale du tourisme en termes d’entrées sur son territoire, devant l’Espagne (82,8 millions de touristes) et les États-Unis (80,1 millions), la France ne pointe qu’à la troisième place pour les recettes tirées de l’activité touristique. Avec ses 55 milliards d’euros, elle talonne l’Espagne (60 milliards) mais se situe loin derrière les États-Unis et leurs 180 milliards de dollars de recettes (161 milliards d’euros).

En cause : chaque visiteur dépense 260 € en moyenne lors d’un séjour en France (1), « un montant relativement stable depuis 2013 », et surtout inférieur à celui des deux pays concurrents.

L’un des points faibles de la France est en effet sa mauvaise capacité à « retenir ses voyageurs », avec une durée de séjour de 6,7 jours en 2018, comme en 2017. De plus, le rapport estime que l’Hexagone « peine à inciter à la dépense », en proposant un nombre limité de commerces ouverts le dimanche ou en ne facilitant pas assez la détaxe.

La France veut améliorer ses recettes touristiques

7,2 % du PIB et 2 millions d’emplois

Pour améliorer ses recettes touristiques, le rapport plaide pour que la France travaille à une meilleure mise en valeur de son territoire en créant par exemple de « nouvelles zones touristiques internationales ». Le rapport l’encourage aussi à développer son réseau de transports et à améliorer la desserte de son territoire, en développant les aéroports régionaux.

Si le rapport reconnaît tout de même les « bons résultats » de la France, il justifie son exigence par le fait que le tourisme est un « secteur stratégique de l’économie française. » En effet, il représente 7,2 % du PIB, 2 millions d’emplois et 313 000 entreprises, principalement des TPE et PME.

Une telle stratégie implique de mobiliser des moyens. En 2015, l’État avait indiqué son ambition de mobiliser un milliard d’euros sur cinq ans, via une plate-forme d’investissements lancée par la Cour des comptes, pour développer le tourisme sur le territoire français. Mais dans la foulée du rapport de l’Assemblée nationale, les magistrats de la rue Cambon ont déploré que cet objectif ne serait pas atteint.

 

La France a accueilli près de 90 millions de touristes en 2018, un record

Même si les violences survenues en marge des manifestations des Gilets jaunes ont refroidi nombre de touristes étrangers en décembre, la France devrait battre un nouveau record de fréquentation pour 2018 et conserver son titre de première destination mondiale.

Après 87 millions de visiteurs internationaux en 2017, la fréquentation touristique de l’Hexagone devrait « avoisiner » les 90 millions pour l’année écoulée, a indiqué, jeudi 17 janvier, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

« On va vers une nouvelle année record en dépit des événements de décembre liés aux Gilets jaunes et à l’attentat de Strasbourg. La France reste attractive », a résumé à l’AFP le secrétaire d’État Jean-Baptiste Lemoyne, chargé du Tourisme au quai d’Orsay.

« Si les événements de fin d’année ont ralenti la croissance et provoqué quelques annulations, les premiers indicateurs ne montrent pas de fort décrochage tout en incitant à la vigilance », souligne le ministère dans un communiqué.

Les marchés européens, qui représentent près de 80 % de la fréquentation internationale en France, « ont connu des baisses de fréquentation très modérées ; les principales annulations sont à déplorer sur les marchés long courrier, asiatiques en particulier, qui marquent toujours une sensibilité accrue au risque sécuritaire ».

Et pour les deux prochains mois, « les arrivées aériennes internationales réservées sont en recul de 5 %, mais repartent à la hausse à partir du mois de mars », tient à souligner le quai d’Orsay.

Bon début de saison en montagne

Selon le ministère, « la majeure partie des tour-opérateurs dans le monde restent confiants dans la destination France, leurs interrogations portant essentiellement sur les sites ouverts ou fermés au public durant les week-ends ». « Tous les tour-opérateurs s’accordent sur des prévisions optimistes en 2019 si les mouvements sociaux ne se poursuivent pas », résume le quai d’Orsay.

Le ministère met en avant la saison hivernale dans les montagnes françaises qui « se présente sous les meilleures auspices, avec une fréquentation des massifs en hausse de 12 % au 4  janvier dernier par rapport à l’année précédente ».

La semaine dernière, Atout France, l’agence de promotion du tourisme hexagonal à l’étranger, avait fait état d’une baisse comprise entre 5 % et 10 % des arrivées aériennes internationales à Paris pour le mois de décembre, les images des violentes manifestations de Gilets jaunes ayant refroidi les touristes.

L’objectif du gouvernement – fixé avant les attentats de 2015 – est d’atteindre les 100 millions de touristes internationaux en 2020.

 

(1) D’après la Banque de France.

Source La Croix 

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