« Inattendu et incompréhensible » : le contrat d’Anne-Sophie Pic non renouvelé par le Beau-Rivage Palace de Lausanne

Le groupe hôtelier propriétaire du restaurant Beau-Rivage Palace de Lausanne (Suisse) ne renouvelle pas son partenariat avec Anne-Sophie Pic a-t-on appris ce mardi. La chef française, triplement étoilée, était à la tête du restaurant depuis 2009.

La décision a été prise de manière unilatérale par les responsables du groupe hôtelier propriétaire du Beau-Rivage Palace et annoncée de manière assez abrupte, fin mars : « Contre toute attente, le Beau-Rivage Palace a pris la décision de ne pas renouveler le partenariat qui le liait au groupe Pic depuis 17 ans » explique le groupe Valentinois ce mardi. « Contre toute attente », l’expression en dit long car, jusqu’à présent, la cheffe valentinoise et les décideurs suisses étaient sur la même longueur d’onde. La preuve, le restaurant a été entièrement rénové il y a deux ans avec un investissement de plusieurs millions d’euros. Et, surtout, il y avait encore des projets à finaliser comme la mise en place d’un potager au sein des jardins. L’objectif affiché et partagé était de se concentrer pour aller chercher la troisième étoile.

Restaurant rentable

Par ailleurs, l’établissement suisse est rentable, il a fait du profit en 2025. La saison d’été s’annonçait bonne du côté des tendances de réservations avant cette annonce. Il n’y avait donc aucun signe avant-coureur qui aurait pu faire douter le groupe Pic et ses équipes en suisse. Pourtant, le contrat de consulting prendra bien fin au 31 décembre prochain sans être renouvelé.

Ces partenariats sont un peu comme des CDD pour des durées prédéfinies de 4 ou 5 ans, la maison Pic a déjà d’elle-même mis fin à certains de ces contrats, lorsque le niveau d’expérience n’était plus partagé avec le partenaire. Cela a été le cas avec le restaurant de Londres ou celui de Singapour par exemple. Lorsque les « visions ne sont plus alignées » , David Sinapian, le président du Groupe Pic, n’a aucun souci avec l’idée d’arrêter lui-même un contrat. Mais, à Lausanne, rien ne laissait présumer la fin d’une aventure débutée en 2009.

Chef à demeure

La seule explication donnée par le propriétaire est celle d’avoir « un chef à demeure » ce qui n’a donc plus rien à voir, en effet, avec le principe même du partenariat. Mais, là non plus, l’explication ne convainc guère. Certes Anne-Sophie Pic ne peut pas être présente dans la cuisine suisse chaque jour, mais c’est bien elle qui élabore les cartes du Beau rivage, avec des produits suisses venant de producteurs locaux qu’elle sélectionne depuis 17 ans souligne le groupe Pic.

Et, surtout, elle a installé à Lausanne l’un de ses meilleurs bras droit, le chef Jordan Theurillat qui travaille avec elle depuis douze ans. Lui était « à demeure » au Beau-Rivage, bien présent auprès des clients et même, mis en avant par le groupe Pic dans sa communication. Anne-Sophie Pic assure qu’elle reste attachée à la Suisse et aux personnes avec qui elle y a crée des liens depuis toutes ces années. Mais le projet sur lequel elle se concentre désormais, c’est l’ouverture de son nouvel établissement parisien au sein de la Fondation Cartier, rue de Rivoli. Un restaurant et un bar qui doivent ouvrir en septembre prochain.

Source France Bleue

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