Les syndicats vont ils aller contre l’avis des Patrons et de leurs salariés ?

Complément de rémunération très répandu dans la restauration, les pourboires sont défiscalisés jusqu’à la fin de l’année. Le patronat plaide pour une reconduction, voire un élargissement. Les syndicats sont contre, malgré l’attachement des salariés au dispositif.
Vieille pratique, les pourboires virent, en cette rentrée 2025, au dossier explosif dans le secteur des hôtels-cafés-restaurants (HCR). Dans un contexte économique et politique incertain, entreprises et salariés sont confrontés à une question brûlante et sans réponse à ce stade : l’exonération fiscale et sociale dont font l’objet les pourboires va-t-elle être reconduite au-delà du 31 décembre ?
La question était déjà sur la table ces dernières semaines, mais la probable chute du gouvernement Bayrou ajoute encore à l’incertitude… Depuis 2022, cette exonération passe par une loi de finances, cette disposition législative étant un souhait du président de la république, soucieux de renforcé l’attractivité des HCR après la crise du Covid.
Thierry Deniau, hôtelier à Carcassonne et président de l’UMIH de l’Aude. Le pourboire, c’est quelque chose que les salariés ont en plus, ce n’est pas normal de le taxer ».
Les syndicats vont ils aller contre l’avis des Patrons et de leurs salariés ?
l’Umih réalise deux enquêtes aux résultats sans appel sur les menaces directes de la mesure sur l’attractivité des métiers du secteur
- La première avec l’institut IPSOS BVA auprès d’un échantillon représentatif de salariés de la branche (1004 salariés – du 10 au 21 juillet 2025).
- La seconde auprès d’employeurs/ chefs d’entreprise, adhérents Umih ou non (1 023 – du 22 juillet au 5 août 2025).
Des résultats sans appel : un rejet unanime de la part des salariés et des employeurs de cette nouvelle taxe
Les résultats croisés révèlent une inquiétude partagée : salariés comme employeurs rejettent unanimement la possible création d’une « taxe sourire » et l’accueil qui mettrait en péril la motivation, le pouvoir d’achat et l’attractivité des métiers de l’ensemble des CHRDT cafés, hôtels, restaurants, discothèques, traiteurs), secteur déjà fragilisé par la crise sanitaire et l’augmentation des coûts de production.
Côtés salariés
- 81% des salariés s’opposent à l’idée de payer des impôts et cotisation sur ces pourboires, 76% se disent inquiets
- 41% envisageraient de quitter le secteur si cela devait être le cas.
- 71% perçoivent des pourboires en plus de leur salaire
- 83% les voient comme un avantage incontournable
Côté employeurs
- 86% estiment que les pourboires sont une gratification indispensable pour leurs équipes
- 92% des employeurs rejettent frontalement la fiscalisation et la socialisation
- 91% se disent inquiets, dont 70% « très inquiets »
Quatre inquiétudes majeures relevées
- Un refus massif et généralisé face à la possibilité de taxer le pourboire. ( 81% des salariés, 92% des employeurs)
- Une perte d’attractivité du métier (66 % des salariés, 88 % des employeurs).
- Une érosion du pouvoir d’achat (64 % des salariés, 85 % des employeurs).
- Une démotivation généralisée et un turnover accru (62 % des salariés, 90 % des employeurs).
L’Umih réclame une réforme en profondeur du système
Ces résultats viennent confirmer les convictions de l’UMIH, et notamment le travail réalisé par la commission sociale de l’Umih et réclame une réforme en profondeur du système. L’UMIH demande le maintien de l’exonération fiscale et sociale des pourboires, condition indispensable pour préserver le pouvoir d’achat des salariés, garantir l’attractivité et la stabilité des emplois et soutenir un secteur clé de l’économie française et du lien social.



