Hôtellerie-restauration : ils se lancent malgré l'épidémie de coronavirus

Hôtellerie-restauration : ils se lancent malgré l’épidémie de coronavirus

Hôtellerie-restauration : ils se lancent malgré l’épidémie de coronavirus

 

Financièrement contraints, certains restaurants et hôtels ont choisi d’ouvrir malgré la pandémie de Covid-19, le couvre-feu et les fermetures imposées par l’Etat. Si le pari peut sembler risqué, les entrepreneurs concernés affirment n’avoir pas grand chose à perdre…

Hôtellerie-restauration : ils se lancent malgré l'épidémie de coronavirus

Dans la restauration ou l’hôtellerie, démarrer une entreprise en pleine pandémie de Covid-19 est un exercice exercice pour le moins périlleux… mais les entrepreneurs concernés n’ont souvent pas d’autre choix. “Financièrement on est ratissés, donc on ouvre“, explique Charlotte Castro, “aubergiste” dans l’âme, qui a lancé, en famille, un petit hôtel quatre étoiles décoré avec amour et débrouille. L’Hôtel du Sentier a ouvert le 12 janvier au cœur de Paris, un établissement de 30 chambres à la façade classée, d’inspiration égyptienne, à l’entrée du Passage du Caire, le plus vieux de la capitale.

A sa tête, un couple: Charlotte Castro, comédienne devenue restauratrice, et son mari Samuel, médecin neurologue et urgentiste. La nuit dernière, il a “dormi sur le sol, derrière la réception, parce qu’on n’a pas de veilleur de nuit. Il faisait 8 degrés”, raconte-t-il à l’AFP. Ils ne sont que cinq à faire fonctionner l’hôtel: outre le couple, deux trentenaires, le directeur Nicolas Viale et la gouvernante Mandarine Geay, et le chef d’origine tamoule, Viboosham Shanmugalingam. Des femmes de ménages salariées par un prestataire nettoient les chambres. Le marbre des salles de bains a été acheté sur Le Bon coin à une marbrerie en cessation d’activité, comme les escaliers en fer forgé, et la déco, chinée ici et là, est raffinée.

“Après quatre ans sur le projet, deux ans de travaux, on est au bout de notre vie mais au début de quelque chose d’intense. Financièrement on est ratissés et notre propriétaire ne veut rien entendre pour les loyers… donc on ouvre”, résume Charlotte. Après avoir ouvert ou tenu quatre bistrots ou restaurants, ils ont financé ce projet par un gros emprunt, dont le remboursement a pu être repoussé “jusqu’à fin 2021”. Mais l’activité étant nouvelle, ils n’ont pas droit aux aides. “J’ai dû emprunter de l’argent à ma maman et ma belle-mère pour payer mon loyer et mes artisans. On s’interdit de baisser les bras, on attend les vaccins”, confie Samuel.

La famille, logée dans le même pâté de maison, est “à fond”, assure Charlotte. Parmi les quatre enfants, Lou, 19 ans “qui étudie à Madrid, est un peu dégoûtée de ne pas participer à l’aventure” et vient d’envoyer un texto: “Tu me préviens dès qu’il y a une arrivée!” Nino, 14 ans, et Brune, 11 ans, “adorent donner un coup de main”. Quant à Albert, 4 ans, “il entre dans l’ascenseur et appuie sur tous les boutons!” La recrudescence de l’épidémie, le couvre-feu à 18H00, la fermeture des restaurants, musées et cinémas, le trafic aérien et les déplacements d’affaires quasi à l’arrêt ont fait chuter le taux d’occupation des hôtels au niveau catastrophique de 15%, contraignant les professionnels à pratiquer des prix dérisoires.

“En ce moment, je vois trois nuits à 169 euros dans un quatre étoiles près d’ici… ça n’est pas possible”, s’alarme Samuel. Toutefois depuis l’ouverture “le niveau de réservations est une bonne surprise”, grâce à la Fashion Week qui a amené des mannequins, à des couples du quartier venus “se changer les idées”, le temps d’un “week-end à l’hôtel” et… “aux copains, qui ont pris une chambre pour nous soutenir, alors qu’on voudrait tellement pouvoir les inviter”, explique Charlotte en souriant. “Mais cela reste très loin du business plan…”

Même prise de risque chez Julia Sedefdjian, sacrée plus jeune femme chef étoilé de France il y a 5 ans, à 21 ans, et ses deux associés et amis, Sébastien Jean-Joseph et Grégory Anelka: tous trois se battent pour faire vivre Baieta -“petit bisou” en niçois- leur restaurant de cuisine méditerranéenne. “On a perdu tout ce qu’on avait construit”, dit-elle. “Mais nous trois, on forme un cocon. Sans eux, il y a longtemps que je serais retournée chez ma mère.” On est là du lundi au dimanche, du matin au soir”, rapporte Grégory Anelka, dont le fils de 7 ans, Adam, joue sagement dans la salle déserte.

 

Malgré la vente à emporter, les finances sont au plus bas et Bo, leur “bar à manger” caribéen voisin du restaurant, fermé depuis des mois, laissera la place au printemps à Cicéron, un restaurant-épicerie dédié au pois chiche: panisses, falafels, houmous, chips de socca, brownies… “Ce Covid-19 nous a fait casser toutes les barrières: ça cogite à 3.000% tous les jours”, résume Grégory Anelka. “On est au pied du mur, qu’est-ce qu’on a à perdre?”

 

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