Halte au perfectionnisme, arrêtez de perdre votre temps !

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Ceux qui se sont épuisés des heures durant à chercher la petite bête le savent. Le perfectionnisme renvoie à son hôte une image de soi le plus souvent en berne. – iStock

Perfectionniste ou consciencieux ? La différence est de taille, car le perfectionnisme est un frein à la réussite de vos projets entrepreneuriaux. Il faut apprendre à mieux gérer son temps.

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Le perfectionnisme, c’est comme le cholestérol et le stress, il y a le bon et le mauvais. Ce qui, pour les uns, peut être un goût pour les détails s’avère, pour les autres, la peur d’être pris pour un incompétent, ou un manque de confiance en soi… Et ce n’est pas forcément un atout lorsque l’on veut entreprendre.

Le perfectionniste passe beaucoup de temps sur une tâche bien plus qu’il ne devrait. Il peaufine, pinaille et, du coup, n’en a plus assez pour en démarrer une autre. « Je suis tellement insatisfaite si je ne livre pas un travail parfait ! » confie l’entrepreneuse Clémentine Berthier, qui a lancé au Canada son agence Clémentine communication.

Et parfois le dossier à rendre est sans cesse remis sur le bureau, le produit tant attendu peine à voir le jour. Résultat : le client est certes satisfait mais l’entrepreneur, lui, ne se sent pas rémunéré à la hauteur de son investissement de travail.

Le mieux est l’ennemi du bien

Je procrastine, tu procrastines , il procrastine… « C’est ce que l’on appelle une stratégie d’évitement. Dans le cas d’un étudiant, cela consiste à rester chez soi plutôt que de se présenter à un oral d’examen. En entreprise, le perfectionniste va plutôt éviter une réunion sous prétexte de peaufiner un dossier, vite se sentir débordé, faire des heures supplémentaires pour faire ce qu’il n’a pas eu le temps de faire, pris par son « goût du détail », l’entrepreneur, lui, va mettre un temps fou à sortir son produit », explique le psychologue et expert en accompagnement de dirigeants Hervé Cazaux.

Pour Clémentine Berthier, qui vient de créer en France cette fois-ci, et avec son mari, i87, structure dont elle est la directrice générale, avoir été élevée dans un environnementpatriarcal, a été déterminant. « Ce n’est pas le cas dans d’autres pays comme le Canada, explique-t-elle. En France, on apprend à gagner sa vie, là-bas on apprend à gagner de l’argent. » La différence est énorme.

Un frein à l’esprit d’entreprendre

« Celui qui souhaite créer sa société va traîner à lancer ses démarches administratives. Insatisfait de la qualité de son produit, il va tarder à se confronter à la réalité du marché », continue Hervé Cazaux.

Le manque de confiance en soi serait alors le frein à la création. A vouloir toujours mieux et tout maîtriser, le perfectionnisme devient l’ennemi de la productivité. « Etre productif, ce n’est pas accomplir plus de choses, mais ce qui compte vraiment. Or, être perfectionniste, c’est entraver sa capacité à prioriser les tâches les plus importantes, explique la psychologue américaine Alice Boyes dans un article publié par « Harvard Business Review » .

Bref, être perfectionniste serait un frein au fameux MVP (comprendre « Minimal Vital Product » ou produit minimum viable), qui permet d’obtenir un maximum de retour client avec un minimum d’effort, la botte secrète de l’entrepreneur, sans laquelle rien n’est possible. Perdre son temps à peaufiner son projet, c’est prendre le risque de rien sortir du tout et donc de ne rien créer.

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Qui plus est, lancer un produit pas 100% parfait, c’est la garantie d’améliorations futures. Comment Steve Jobs aurait-il pu asseoir son empire s’il avait lancé un produit parfait dès sa première version ! Plus vite le produit sera confronté au marché, plus vite il pourra évoluer au gré des retours des clients. L’imperfection signifie avant tout marge progression et qui dit marge de progressiondit potentiel de marché à capter sur plusieurs années.

Produit, service, même combat. « Quand je me suis mise à mon compte, j’ai voulu maîtriser tous les aspects de l’entreprise que je conseillais, raconte Maud Thiry, qui a créé La Boite Up pour laquelle elle est directrice financière à temps partagé. Tant que je ne maîtrisais pas tout le sujet, je ne me sentais pas à la hauteur de la tâche. »Le perfectionniste passe beaucoup de temps sur une tâche bien plus qu’il ne devrait. – iStock/Image Source

Savoir gérer ses priorités

Ceux qui se sont épuisés des heures durant à chercher la petite bête le savent. Le perfectionnisme renvoie à son hôte une image de soi le plus souvent en berne. « Tant que je ne maîtrise pas le sujet, je ne me sens pas à la hauteur de la tâche. Et j’étais tellement dans cette volonté de perfection que j’ai dû renoncer à une très belle mission, tant je me suis noyée en raison de mon éparpillement », poursuit Maud Thiry.

Dans son livre « Toujours mieux, psychologie du perfectionnisme », le psychiatre Frédéric Fanget ajoute : « L’insatisfaction permanente des perfectionnistes est l’une des grandes raisons pour lesquelles ils doutent d’eux et finissent par s’épuiser ». Aussi, le perfectionniste doit d’abord accepter de moins bien faire. « Il doit apprendre à baisser son exigence vis-à-vis de lui-même et essayer de gérer son temps. Il doit définir des plages horaires consacrées au travail, à la famille et aux loisirs », conseille Hervé Cazaux.

« Lorsque je planifie un projet sur une base d’une durée de 10 heures, je fais un point d’étape au bout de 5 heures et je réajuste mon investissement de travail, en fonction de l’état d’avancement, explique Clémentine Berthier. L’entrepreneuse a expérimenté la méthode dite « Agile » et en est satisfaite. Elle a aussi arrêté de se « rendre malheureuse par soucis d’atteindre la perfection ».

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Le perfectionniste doit apprendre à ne pas être parfait, à accepter qu’il ne puisse pas tout maîtriser. « J’ai appris à changer les choses, à être perfectionniste mais dans la gestion de mon temps. Maintenant, je sais déléguer et passer la main à des spécialistes quand je ne maîtrise pas le sujet », confie Maud Thiry.

Le psychologue Hervé Cazaux ne minimise pas l’effort que cela peut représenter. « C’est un travail de longue haleine, il faut adopter des attitudes positives chaque jour afin de changer son estime de soi ». Etre un bon perfectionniste relève d’un effort quotidien mêlant « une bonne tolérance de soi et des objectifs personnels accessibles, ajoute Frédéric Fanget. Tout est question de dosage et d’équilibre. »

Les erreurs ne sont pas des échecs

Ce qu’il faut surtout, quand on est perfectionniste, c’est garder en tête que les erreurs ne sont pas des échecs . Le projet entrepreneurial est avant tout une aventure et non une contrainte. « Si c’est pour ne pas le faire parfaitement, je préfère ne pas le faire du tout. » Cette citation mise à mal par Christophe André dans son livre « Imparfaits, libre et heureux ! » parlera donc à tous les perfectionnistes.

Mais « comment savoir parfois s’en tenir au « suffisamment bon », sans se dévaloriser ? » questionne le médecin psychiatre à l’hôpital Saint-Anne à Paris. Amenant une possible réponse : « l’acceptable, c’est ce qui suffit aux autres. Le parfait, c’est ce à quoi nous aspirons, car cela nous rassure, ou nous flatte, ou les deux. » Ce qui laisse à tous les perfectionnistes une belle marge de progression.

Source Les Échos

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