C’était dans un fast-food…

je me fais rabaisser au travail par mon patron, il dit que je suis nulle, que je suis incompétent (te).

 C’était dans un fast-food…

 

Je pourrais raconter beaucoup de témoignages personnels sur des conditions de travail assez dégueulasses que j’ai eues l’occasion de subir, mais l’expérience la plus marquante à ce sujet est certainement une que j’ai vécue en tant que simple spectateur.

 

C’était dans un fast-food…

C’était dans un fast-food, où je mangeais tranquillement assis à une table. Pas très loin, dans un coin mais néanmoins derrière le comptoir, « côté clients », une chef du fast-food en question était en train d’engueuler un de ses jeunes employés. En gros, elle lui reprochait d’être incompétent, en n’hésitant pas à y aller bien violemment, à coup de « bon à rien » et autres « incapable ». Lui ne répondait pas, il baissait la tête, l’air honteux, subissant ce qui aurait déjà été une humiliation en privée, mais la subissant de plus à côté de ses collègues et, pire que tout, devant la clientèle. J’observais un travailleur qui avait abandonné toute dignité face, je suppose, à la peur de perdre son emploi. J’avais l’impression de voir un gamin qui se faisait engueuler par sa mère ce qui, même-là, m’aurait choqué étant donné la violence des propos qui rabaissent au plus bas niveau. Sauf que là il était question d’un travailleur face à sa chef, d’un travailleur dans un fast-food, probablement précaire pour un travail qui déjà est peu valorisant.

Je n’ai aucune idée de la raison de cette engueulade. Peut-être que l’accusé était bien un véritable tire-au-flanc. Peut-être crachait-il dans les sandwichs, peut-être était-il coupable d’une sérieuse négligence mettant à mal l’hygiène et donc se répercutant sur ce que je mangeais alors, en tant que client. Mais peu importe la gravité de ce qu’il avait fait, je vois mal ce qui aurait pu justifier de tels propos exprimés d’une telle manière. Peut-être que la chef, qui a le mauvais rôle dans l’histoire, avait elle-même subit une journée difficile qui a provoqué ce dérapage, peut-être s’est-elle excusé après. Je n’ai aucune vision claire et totale de l’évènement, mais je pense que la scène à laquelle j’ai assisté est symptomatique d’un contexte actuel du monde du travail, où le supérieur hiérarchique est encouragé à se sentir supérieur tout court, à être légitime pour humilier son personnel dans des proportions qui bafouent toute dignité. Et, justement, un système qui encourage ce personnel à subir cette humiliation, peu importe sa violence, à abandonner sa dignité pour avoir une chance de garder sa place privilégiée dans ce monde du travail où le salaire lui-même est indécent.

#Onvautmieuxqueça 

Le harcèlement moral au travail est désormais défini par un nouvel article du Code du travail qui interdit les “agissements répétés qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits du salarié, à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel” (article L122-49 du Code du travail).
Toute rupture du contrat de travail ou sanction qui reposerait sur une pratique de harcèlement moral est nulle de plein droit. Le Code pénal prévoit une sanction d’un an d’emprisonnement et de 15 000 €uros d’amende.
Je vous invite à saisir vos représentants du personnel et à recueillir tous les témoignages et preuves de ce harcèlement afin de mettre en demeure votre supérieur de stopper ces pratiques vexatoires et constitutives du délit de harcèlement moral, et éventuellement les Prud’Hommes, qui sont compétents pour juger et sanctionner ces agissements.

 

 

 

Partgagez

Plus d'articles

Ecrivez-nous

%d blogueurs aiment cette page :