Au Martinez, on chasse les Goélands avec des faucons

Au Martinez, on chasse les Goélands avec des faucons



Au Martinez, on chasse les Goélands avec des faucons

Face à face un client de palace et… un goéland vorace. Entre les deux : un steak 5 étoiles. Qui croyez-vous qui l’a emporté ? Cette anecdote n’est pas unique au Martinez. Depuis deux ans, le palace de la Croisette subit les rapines de pigeons et autres oiseaux marins quasi sédentarisés. Point commun des deux espèces : elles sont, de l’avis de tous, beaucoup trop envahissantes. Notamment autour de la piscine et du restaurant, mais aussi des terrasses privées et de la plage.

Au Martinez, on chasse les Goélands avec des faucons

UTILISATION DE FAUCONS AU MARTINEZ POUR ELOIGNER LES PIGEONS,CORMORANS ET AUTRES VOLATILES A CANNES.

Si le Martinez n’est pas le seul établissement de la Croisette à souffrir de cette cohabitation, il a dégainé le premier. Sa botte secrète : trois fauconniers et leurs buses Harris qui font place nette sans verser le sang depuis quelques jours…

  • Planter l’idée de danger

La coopération des buses américaines (Harris hawks) et du palace a débuté une semaine avant le Festival de Cannes et a repris le week-end dernier. L’objectif pour leurs maîtres : faire entrer dans le cerveau des pigeons et des goélands la notion de danger. « Nous décrétons un périmètre qui devient le territoire des faucons. Peu à peu les autres oiseaux comprennent qu’ils ne sont plus les bienvenus et s’enfuient », explique Christophe Puzin, propriétaire de « Big foot», une femelle (ou forme) âgée de 2 ans. Le patron de la société qui porte son nom, basée dans la Drôme, se défend de toute méthode violente. « Nous utilisons le principe d’effarouchement qui nécessite du temps et de la patience. Nous travaillerons à Cannes pendant un mois et demi. Sur une période qui se poursuivra aussi après le Festival. »

Pas bégeules, les faucons

Plus habitués aux collectivités locales et aux sites industriels qu’à la Croisette, « Big foot» et ses deux copains mâles de 3 et 2 ans, « Stitch » et « Horus », ne se laissent pas intimider par la clientèle sélect et starisée du palace. Pas plus que déconcentrés par la foule festivalière. Leur parfaite éducation – ils répondent au coup de sifflet immédiatement – leur permet d’adopter l’attitude efficace et discrète souhaitée dans un 5 étoiles. Leurs yeux mobiles enregistrent tout : le pigeon voleur comme le client désireux d’en savoir un peu plus sur sa technique de chasse. « Nous n’avions pas envisagé que les oiseaux créeraient une véritable animation auprès de notre clientèle », confie le directeur technique du Martinez, Christophe Marques, pas mécontent du résultat obtenu. Si les goélands affichent un profil bas, les faucons eux relèvent le bec pour offrir leur meilleur profil aux caméras et appareils photos du Festival de Cannes : eh oui, interviewés comme des vedettes, ils sont aujourd’hui devenus de vraies stars que l’on devrait revoir cet été au Martinez… Mais attention, seulement pour le boulot : « Ils reviendront de manière ponctuelle, précise encore Christophe Marques, toujours pour effaroucher les pigeons et goélands qui seront probablement revenus. » Comme une piqûre de rappel à l’adresse des indésirables qui ont la mémoire trop courte.

Le succès de l’opération est tel que les faucons de la société de Christophe Puzin pourraient bien être sollicités par d’autres établissements de la Croisette. Pas de quoi cependant transformer ces buses racées en poules… de luxe.

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