Airbnb vise à s’implanter dans les régions de France

Airbnb vise à s’implanter dans les régions de France

Airbnb vise à s’implanter dans les régions de France

 

Malgré une légère crise du tourisme en France, la plate-forme communautaire Airbnb rencontre un fort succès et souhaite désormais miser sur la dynamique de la province.

Airbnb vise à s’implanter dans les régions de France

Emmanuel Marill est le directeur de Airbnb en France et en Belgique depuis le mois de septembre 2016.

Emmanuel Marill est le directeur de Airbnb en France et en Belgique depuis le mois de septembre 2016.
Avec près de 350,000 offres de location, la France est aujourd’hui le second marché de Airbnb après les États-Unis, tandis que Paris est la première destination mondiale avec 65,000 hébergements recensés.

Malgré une baisse de fréquentation des visiteurs étrangers, Airbnb a vu son taux de voyageurs grimper de 20% dans la capitale française et de 80% en province, de juin à septembre 2016. Des chiffres en nette contradiction avec le secteur hôtelier, son principal rival.

Airbnb résiste face à la baisse du tourisme

Depuis le début de l’année, l’hôtellerie traditionnelle a subi une chute considérable de ses revenus. Le nombre de touristes étrangers aurait notamment diminué de 4 à 5%. Selon la société KPMG, les hôtels français pourraient même atteindre une baisse de 10% de la fréquentation d’ici la fin de l’année 2016.

Le manque de touristes étrangers s’explique surtout par le contexte, actuellement fragile, du pays. En novembre 2015, une série d’attaques terroristes meurtrières à Paris, causait 130 victimes. En juillet dernier, c’était au tour de la baie des anges à Nice d’être touchée, avec la mort de 86 personnes. Des attentats responsables d’avoir instauré un climat de peur en France.

Les grèves du printemps dernier, les vols répétés contre des touristes étrangers, majoritairement d’origine asiatiques, et la récente agression de la star de téléréalité Kim Kardashian ont également accentué le sentiment d’insécurité ambiant.

Malgré cela, Airbnb prétend avoir avoir dépassé les 10 millions d’utilisateurs en France depuis le lancement de la plate-forme il y a quatre ans. Toutefois, la société reste prudente. Emmanuel Marill, le directeur de Airbnb en France et en Belgique, a notamment refusé de donner un quelconque chiffre prévisionnel pour l’année à venir.

Face à cette crise du tourisme, le géant Airbnb est loin de baisser les bras. « Nous nous attendions à une hausse supérieure à Paris… Nous avons aussi été touchés par la désaffection des touristes, mais nous résistons car nous sommes au coeur d’un nouveau phénomène soutenu par la notoriété de la marque » a expliqué Emmanuel Marill.

Une volonté d’investir les campagnes françaises

La plate-forme veut aller plus loin et souhaite désormais miser sur la province. En 2012, 70% des hébergements proposés sur Airbnb demeuraient en effet à Paris. Aujourd’hui, 80% se situent à l’extérieur de la capitale. Une tendance qui ne fait que s’accentuer au fil du temps.

Airbnb table notamment sur la campagne et les villages isolés, dépourvus d’hôtels et de plus en plus prisés par les voyageurs en quête de calme et d’authenticité. « Notre objectif, c’est de nous implanter dans le quotidien des Français, toutes tranches d’âge et toutes régions confondues », détaille Emmanuel Marill.

Actuellement, la société Airbnb est estimée à près de 30 milliards de dollars et recense plus de 2 millions de location dans le monde entier. En guise de comparaison, le groupe hôtelier InterContinental a une valeur marchande de 7,9 milliards de dollars.

AccorHotels, la plus grande chaîne hôtelière de l’Europe, a longtemps déclaré que le chiffre d’affaire des hôtels était menacé par l’économie collaborative, principe sur lequel est fondé Airbnb. AccorHotels a néanmoins résisté grâce à une grande quantité d’acquisitions ainsi qu’une poussée dans le secteur du luxe.

Depuis sa création, Airbnb s’est rapidement développé à travers le monde. Souvent accusé de concurrence déloyale par les hôteliers, au plan fiscal et réglementaire, Airbnb affirme que plus de 10% de ses offres sont accessibles aux handicapés et qu’il n’entend pas se soustraire à l’administration fiscale.

Toutefois, sous la pression, la plate-forme a récemment commencé à collecter la traditionnelle taxe de séjour. D’abord mise en place à Paris en 2015, les voyageurs sont désormais contraints de payer la taxe dans 19 autres villes françaises. De même, le directeur de Airbnb a annoncé que la mesure serait étendue sur l’ensemble du territoire avant juin 2017.

Emmanuel Marill a également minimisé les propos selon lesquels Airbnb contribuerait à une crise du logement dans des villes comme Prague et Berlin. « Nous ne voulons pas causer de problèmes aux grandes capitales européennes, mais il est difficile d’identifier les professionnels utilisant la plate-forme pour spéculer. »

« Il y a beaucoup de fantasmes sur l’impact de Airbnb sur les prix et la disponibilité des logements », a estimé le dirigeant. « En moyenne, les hôtes louent leur logement 26 nuits par an seulement ».

Enfin, Emmanuel Marill a déclaré que Airbnb et les groupes hôteliers étaient complémentaires. « Il y a de la place pour tout le monde, mais pour faire grossir le gâteau, il faut travailler ensemble. »

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