Top Chef : L’envers du décor !

C’est un moment de grande tension mais aussi très pédagogique parce que chaque critique est constructive. C’est aussi ça le bénéfice de tout concours : apprendre de soi-même, apprendre de ses échecs.

Top Chef : L’envers du décor !

 

Top Chef ! Voilà une émission qui fait beaucoup parler dans les chaumières mais aussi dans les Cuisines. Et alors que la Finale de cette dernière saison arrive à grands pas, j’avais envie de partager avec vous cette expérience que fut la Saison 2 de Top Chef. J’ai eu la chance d’y participer et cela a fortement marqué ma carrière de Cuisinier, car c’est bien de ça qu’il s’agit : de Cuisine.

 

Top Chef : L’envers du décor !
Comme je le dit souvent, on constate que Top Chef est une émission de télévision quand on la regarde dans son canapé. Mais lorsque l’on est participant – du moins de mon point de vue – ce n’est, ni plus ni moins qu’un Concours de Cuisine. Ce fut surtout l’occasion pour le très jeune Cuisinier que j’étais – 21 ans à l’époque – de mesurer ma valeur et mes limites. Parce que dans ce genre de Concours où la concurrence est rude, l’adversaire le plus redoutable c’est vous-même ! Et c’est peut-être le premier enseignement que j’en ai tiré : apprendre à se dépasser, apprendre à se défaire du doute – parce que le temps ne vous le permet pas – et donner tout ce que vous avez pour que l’assiette qui sorte soit véritablement le reflet de ce que vous êtes. C’est un moment où l’apprentissage et l’instinct se mêlent et ne font plus qu’un.
C’est aussi une expérience hors du commun parce qu’au bout de ce travail, il y a un Jury composé de Grands Chefs étoilés. Un jury qu’on ne veut – peut – pas décevoir et qui représente l’excellence de la Gastronomie Française. C’est un moment de grande tension mais aussi très pédagogique parce que chaque critique est constructive. C’est aussi ça le bénéfice de tout concours : apprendre de soi-même, apprendre de ses échecs.

Je ne vous cacherais pas que mon élimination a été douloureuse et qu’il m’a fallu accuser le coup. Et c’est le travail qui m’a permis d’avancer. J’ai redoublé d’effort, je suis parti à la découverte de produits que je ne connaissais pas, j’ai repassé en revue toute les cuissons que je ne maîtrisais pas assez à mon goût avec l’objectif de proposer encore mieux. Encore maintenant, je ne cesse d’apprendre et je pense sincèrement qu’on ne s’arrête jamais dans ce domaine, c’est aussi ce qui rend notre métier passionnant. Car pour chaque assiette, pour chaque service on repart à zéro. La réussite d’hier n’assure pas celle d’aujourd’hui et il faut rester humble et travailleur pour offrir à chacun de nos hôtes un plat à la hauteur de leurs attentes.
Il est vrai que Top Chef à susciter beaucoup de vocations. Beaucoup se sont tournés vers la Cuisine avec passion et découvre, parfois à leur dépend, que c’est avant tout un métier. Une profession qui nécessite de la rigueur, de l’engagement et beaucoup – beaucoup – de travail. Mais au-delà de ce phénomène, je pense que cette émission a surtout le mérite de lever le voile sur la Gastronomie et de la partager. De mettre en valeur le travail qui se cache derrière une recette : du produit à l’assiette. Aujourd’hui on voit de nouveaux visages pousser les portes des étoilés et c’est pour le plus grand plaisir de nous autres, Cuisiniers !

Ludovic Turac

Une table du Sud

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