Les articles les plus insolites volés au bar et au restaurant par des petits cons

Les articles les plus insolites volés au bar et au restaurant par des petits cons

Les articles les plus insolites volés au bar et au restaurant par des petits cons

 

On s’est tous réveillé avec la gueule de bois et un objet non identifié posé à côté du lit – mais pour eux c’est un vrai passe-temps.

Les articles les plus insolites volés au bar et au restaurant par des petits cons

 

Longtemps, l’argenterie représentait une cible de choix des clients de restaurants et voleurs occasionnels. Une fourchette par-ci, une cuillère par-là. Lassés, les enseignes ont progressivement remplacé ces couverts par d’autres, moins chers. Malgré tout, aujourd’hui, les vols dans les bars et restaurants restent courants. Les clients voleurs ont simplement adapté leurs techniques et la nature de leurs larcins.

Aussi absurde que cela puisse paraître, il y a deux semaines, un orteil momifié a été volé dans un bar d’hôtel – un fait divers sordide qui prouve encore une fois qu’il n’existe pas vraiment de limites à l’imagination humaine quand il s’agit de voler des choses quand on se trouve dans un endroit sous l’emprise de l’alcool. La kleptomanie est un effet secondaire bien connu de la consommation d’alcool, et accessoirement, ce qui explique en partie pourquoi vous vous êtes réveillé un matin avec un objet étrange dans votre sac à main, à côté de votre lit ou même sur votre tête.

En général, le « vol ivre » se cantonne à ces quelques rares soirées où vous avez fait un black-out, mais chez certaines personnes, cette petite manie s’installe devient une vilaine habitude qui se reproduit, presque rituellement, à chaque sortie nocturne. On a demandé à des voleurs de nuit particulièrement fervents de nous en dire un peu plus sur le fruit de leurs rapines.

David et Tim*

Photo : Rebecca Camphens

Tim : La plupart de notre déco intérieure est constitué d’objets volés. C’est parce qu’on voulait que nos meubles portent le souvenir de nos nuits arrosées. Chez nous, tous les objets ont une histoire.
David : Par exemple, cet éventail a été volé dans la boîte de nuit Studio K le soir de la fête pour le Nouvel An chinois. On l’a décroché du mur quand personne ne nous regardait et on l’a caché dans un coin. Quand il est complètement ouvert, ce truc a l’envergure d’un condor mais quand il est plié, on dirait un poteau. Je l’ai enfilé dans mon pantalon, il tenait entre ma cheville et mon nombril. Je suis sorti du club comme ça avec une jambe rigide. J’ai même lâché un « bye » au videur, qui n’a rien remarqué.

Photo : Rebecca Camphens

Tim : On n’imagine pas toutes les choses que l’on peut faire passer devant un videur, c’est incroyable. Une fois, on a enveloppé une chaise dans nos manteaux, puis on a juste marché vers la sortie [avec elle]. C’était excitant. C’est parce que les videurs ne s’attendent pas à ce que quelqu’un puisse voler un truc si volumineux qu’ils font moins attention. On ne s’est jamais fait choper jusqu’ici !

Tim et David ont un jour volé un morceau d’un ensemble de batterie qu’ils utilisent aujourd’hui comme pot à fleurs. Photo : Rebecca Camphens.

David : Un jour on a volé la porte du casier n°383 du Claire [une boîte de nuit à Amsterdam]. Elle tenait uniquement grâce à de petites charnières du coup on a pu facilement l’enlever. J’avais un grand sac de sport avec moi, du coup je n’ai pas eu de mal à sortir la porte.

Photo : Rebecca Camphens

Tim : Nos envies de vol deviennent de plus en plus démesurées. C’est comme un concours. La question, c’est : où est-ce que l’on va s’arrêter ? Quand on a volé cette porte de casier, c’était du vandalisme et j’avoue que, parfois, on se sent un peu coupables.
David : On prévoit de voler des choses plus fonctionnelles à partir de maintenant. Des assiettes, des couverts, vous savez, des choses qu’on peut mieux utiliser dans la vie de tous les jours.

Tapulanga

Photo : Rebecca Camphens

Avec des potes, on s’était retrouvé dans un bar où il y avait une soirée disco. On était ivres, on dansait et j’ai remarqué qu’il y avait une boule disco. J’en ai toujours voulu une – c’était l’occasion parfaite pour réaliser ce rêve. À la fin de la soirée, alors que tout le monde marchait vers la sortie avec son manteau, j’ai rapidement mis le mien sur la boule disco. La boule se trouvait juste à côté de la sortie, donc tout s’est passé très vite.

Photo : Rebecca Camphens

Direct après ça, on est allé à McDo mais j’étais quand même hyper suspecte à marcher comme ça avec mon énorme boule disco. Heureusement, deux ouvriers travaillaient sur les rails du tram à côté. Ils ont accepté de surveiller ma boule disco en échange de deux grands coca de chez McDo. Je pense que ces gars ont compris qu’il était en train de se passer un truc un peu louche, mais ils n’ont pas cherché à comprendre.

Laurens

Photo by Rebecca Camphens

Il y a quelques années, mes collocs et moi avons créé une règle selon laquelle seules des décorations de Noël volées pouvaient être accrochées à notre sapin de Noël – c’était juste pour la blague et pour qu’il y ait une histoire derrière chaque élément. On a dévalisé des pubs et des restaurants pour la déco, et on a tapé notre sapin dans une pépinière. Finalement, on s’est retrouvé avec une belle collection.

Photo : Rebecca Camphens

Une fois, je me suis réveillé à Terschelling (une île dans le nord des Pays-Bas) avec un didgeridoo dans ma tente. Je ne sais toujours pas comment il s’est retrouvé là. La seule chose dont je me souviens, c’est que je l’ai vu accroché au mur d’un pub dans lequel j’étais la veille et qui m’avais servi beaucoup de cocktails bons et pas chers. Je me sentais vraiment coupable parce que le propriétaire était très sympa. C’est une petite île, donc tout le monde a probablement entendu parlé de la « disparition du didgeridoo » assez vite et du coup, je l’ai laissé au camping en partant.

Jolien et Maxine

Photo by Eva Vlonk

Maxine : Avec mes copines, on s’était lancé un pari pour savoir qui pourrait voler le plus de rouleaux de PQ. Ça a duré environ un an et demi.On venait de se jeter dans la vie d’adulte, on était fauchées et on se disait qu’on ne voulait surtout pas dépenser de l’argent dans le PQ.
Jolien : On a dévalisé des cafés, des restaurants, des écoles, pour ne nommer que quelques endroits. On savait exactement quels cafés avaient le plus de stock. Dans les écoles, on arrivait à mettre la main sur plusieurs paquets de papier toilette d’un coup. C’était le vrai jackpot.

Photo : Eva Vlonk

Maxine : Il y avait pas mal de concurrence entre nous. Le vol de PQ était présent dans notre esprit, tout le temps, quoi qu’il arrive.
Jolien : Tous les mois, on désignait un gagnant et on l’écrivait sur un tableau.
Maxine : On a fait de la place dans un grand placard pour accueillir tout notre papier toilette. C’est devenu blindé en un rien de temps – on se disait que notre plan fonctionnait super bien. On n’a pas eu à acheter de papier toilette pendant trois ans !

Nele

Photo by Rebecca Camphens

Quand j’étais étudiant, j’étais super fauché. Quand je buvais, j’étais super turbulent. J’ai souvent, très souvent, volé les choses pour subvenir à mes besoins. J’ai volé dix grands verres au Chicago Social Club, quatre plus petits et quelques-uns en cristal. Au Westergasfabriek (un lieu culturel à Amsterdam), ils ont des verres à gin tonic très précieux avec une belle base verte – j’en ai quatre comme ça. Le but du jeu, c’était de rassembler un tas de verres comme ça sur différentes nuits et de créer une belle collection. Je les mettais dans mon sac rapidement, puis je me rendais dans la salle de bain et les enveloppais dans du papier toilette pour éviter de les casser. Aujourd’hui, chaque fois que j’ai des invités, je reçois toujours des compliments sur ma collection de verres.

Photo by Rebecca Camphens

J’ai également volé une poubelle dans une boîte de nuit un jour. Quand je l’ai vu comme ça, debout, je me suis dit : « Je crois que j’ai besoin d’elle aussi. » Alors je l’ai mis dans mon sac et je suis sorti par la porte d’entrée. J’ai aussi volé un tableau pendant un voyage scolaire, et pas mal de moulins à poivre et de salières. J’ai toujours un petit sac en lin avec moi, c’est super utile, car je peux faire entrer tout un tas de choses dedans. J’ai longtemps eu un tapis volé dans mon ancien appart’ : mon coloc’ l’avait tiré dans un club en l’enroulant bien et en sortant avec par la grande porte.

 

Une quinzaine d’années après le fameux article du New York Times qui décrivait l’évolution et les nouvelles formes de vols dans les grands restaurants, Bloomberg a mené sa propre enquête. Le magazine recense ainsi quelques vols d’objets emblématiques survenus aux États-Unis. Une manière d’asseoir l’idée que, pour les patrons de bars ou de restaurants, les verres ou de couteaux ne sont plus les seuls objets mis à la disposition du public à surveiller attentivement.

À Houston, il y a ce restaurant qui s’est fait dérober plusieurs arbres et arbustes, dont un kumquat, un arbuste fruiter d’une valeur de 175 dollars. Ou encore ce restaurant, le Underbelly, qui voit ses cartes des vins, réalisées à la manière de bandes dessinées et d’une valeur de trente dollars l’unité, disparaître jour après jour. «Je ne pense pas que les gens les utilisent pour quoi que ce soit. Je pense juste que les gens les volent pour s’amuser, et l’univers les punira un jour pour cela», confie Kevin Floyd, l’un des associés de l’enseigne.

Et le «restau-basket»?

À New York, il y a ce célèbre restaurant japonais Megu qui s’est fait dérober, depuis sa réouverture en octobre dernier, pas moins de 65 assiettes dont le prix à l’unité s’élève à 500 dollars. Aujourd’hui, raconte Bloomberg, il ne reste plus qu’une soixantaine d’exemplaires de ces assiettes. Par mesure de prévention, le personnel de service a reçu la consigne de les retirer des tables immédiatement après que le client a fini son plat.

Bloomberg évoque encore l’enseigne en céramique du restaurant The Spotted Pig à New York, les bougies à 50 dollars dans les toilettes du restaurant Charlie Bird, toujours à New York, ou leurs cure-dents…

En France, le magazine Le Bonbon s’était intéressé en mars 2017 à une autre forme de vol, le «restau-basket». Une cruelle pirouette qui consiste, pour un client ou une tablée entière, à quitter un bar ou un restaurant en courant, en échappant à la vigilance des serveurs et en évitant ainsi l’addition dont il aurait dû s’acquitter. À Paris, même si le phénomène reste difficile à quantifier, le «restau-basket» n’a guère disparu.

Toutefois, précise le magazine, la fréquence de ces délits dépend des enseignes. Si les restaurants à la clientèle fidèle semblent plutôt épargnés, les bars très fréquentés ne peuvent pas en dire autant. Jean-Marc, gérant de nuit à la Porte Montmartre, dans un quartier très fréquenté, notamment le soir et les week-ends, témoigne dans Le Bonbon:

«Ça arrive une fois par semaine, pas vraiment le midi, souvent le soir et la nuit. Après, on fait très attention, disons qu’il y a beaucoup de tentatives. Parfois ils arrivent à partir et à se faufiler dans la masse et là c’est fichu, mais si on les voit c’est bon, on court un peu et on les rattrape.»

Et, malheureusement pour les serveurs et gérants de bars ou de restaurants, il n’existe pas véritablement de profil-type d’adepte du «restau-basket», insiste Le Bonbon:

«Petits vieux, jeunes de très bonnes familles, bandes de copines, couples… Tout le monde est un filou potentiel.»

La liste est longue :

Les salières, poivriers,  couverts, verres,  porte-couteaux, poubelle inox des toilettes, chaises de terrasse, plantes verte décoration de tables, etc…..

 

* Certains noms ont été modifiés pour assurer l’anonymat.

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