Un "bouton panique" installé dans des hôtels américains pour lutter contre les agressions sexuelles

Un « bouton panique » installé dans des hôtels américains pour lutter contre les agressions sexuelles

Un « bouton panique » installé dans des hôtels américains pour lutter contre les agressions sexuelles

Aux États-Unis, des dizaines de milliers d’employés de plus de dix-huit mille hôtels recevront bientôt des boutons paniques comme protection contre le harcèlement et la violence. Plus d’une douzaine de grandes chaînes hôtelières ont annoncé en début de semaine qu’elles fourniraient d’ici 2020 des dispositions de sécurité personnelle pour tous les employés qui sont en contact étroit avec des clients.

Un "bouton panique" installé dans des hôtels américains pour lutter contre les agressions sexuelles

Les entreprises formeront également le personnel pour identifier et signaler les actes d’harcèlement. Les politiques anti-harcèlement sexuel seront également publiées en plusieurs langues.

Ce dispositif de sécurité permettra aux femmes de chambre de donner l’alerte en cas de problème. Elles sont fréquemment victimes de harcèlement ou d’agressions sexuelles par des clients.

« Les femmes de chambre font partie du package quand les gens paient pour un hôtel de luxe », explique Juana Melara au Guardian. Cette employée de 55 ans a été agressée il y a cinq ans par un client, qui s’est introduit dans la salle de bains qu’elle nettoyait et a tenté de la violer.

Depuis, Juana Melara se bat pour alerter sur le harcèlement sexuel et les agressions dont sont couramment victimes les femmes de chambre. Elle milite en particulier pour la mise en place de « boutons panique » dans les hôtels.

Et son idée a fait du chemin : suite à une pétition qui a récolté des milliers de signatures, l’État de Californie organise un vote sur le sujet en novembre. Dans la même lignée, plus d’une douzaine de grandes chaînes hôtelières ont annoncé en début de semaine dans un communiqué qu’elles fourniraient d’ici 2020 des boutons panique pour tous leurs employés.

 

Strauss-Kahn

Les dispositifs varient selon les hôtels. Dans certains établissements, les entreprises peuvent distribuer des appareils qui envoient automatiquement l’emplacement de l’employé aux responsables de la sécurité. Dans d’autres hôtels plus anciens et plus petits, des appareils qui émettent un son puissant seront distribués.

L’American Hotel and Lodging Association soutient cette initiative. Selon l’association, près de trois quarts des 25.000 hôtels affiliés participent actuellement à cette campagne. L’American Hotel and Lodging Association travaille avec des organisations de lutte contre le harcèlement et la traite des êtres humains afin de développer des dispositifs de formation et de test pour aider les hôtels à déterminer ce qui fonctionne le mieux.

Marriott, Hilton, Hyatt, InterContinental Hotels Group (IHG) et Wyndham, Red Roof Inn, Best Western, AccorHotels, Four Seasons et Caesar participent à cette initiative. Ce n’est pas la première fois que les hôtels fournissent des boutons de panique au personnel. New York les exige depuis 2012, après qu’une femme de chambre ait accusé l’homme politique français Dominique Strauss-Kahn de l’avoir agressée sexuellement dans sa suite. Chicago et Seattle ont commencé à les imposer plus récemment.

Mais le débat public croissant sur le harcèlement et le mouvement #MeToo ont placé le problème sous les projecteurs.

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Prix ​​de revient

La fréquence d’utilisation des appareils n’est pas claire, mais le harcèlement du personnel des hôtels est un problème récurrent. Dans une enquête menée en 2016 auprès de 500 femmes de ménage à Chicago, 49% ont déclaré que des clients les avaient approchées de manière inappropriée.

Cependant, le déploiement du système ne sera pas facile. Certains hôtels ne gèrent qu’une partie de leurs propriétés, le reste étant confié à des franchisés. Parfois, ces franchisés sont également obligées d’introduire la nouvelle mesure, mais ce n’est pas toujours le cas. La taille des hôtels présente également de fortes différences.

Mark Hoplamazian, directeur général de Hyatt, souligne que les coûts d’achat des appareils peuvent être facilement pris en charge. Les prix d’achat peuvent varier entre 25 et 70 dollars. Les grandes chaînes hôtelières pourront toutefois appliquer des remises importantes.

Hyatt a introduit le système à l’automne de l’année dernière, mais n’a pas encore été en mesure de signaler de nombreux incidents. « Peut-être que la fréquence du nombre d’incidents n’est pas élevée, mais cela n’enlève rien à la grande importance de la sécurité du personnel », a souligné Hyatt.

Chris Nassetta, directeur général de Hilton, a déclaré que le personnel devait être formé à la manipulation des appareils. « Aucun sentiment de sécurité ne peut être créé sans pouvoir offrir des garanties dans la réalité », a déclaré Nassetta.

L’Express

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