TPLT, Bordeaux Open Air, L’Orangeade, FIMEB… A quand le retour de la fête à Bordeaux ?

TPLT, Bordeaux Open Air, L’Orangeade, FIMEB… A quand le retour de la fête à Bordeaux ?

Après la crise, les associations culturelles qui animaient la vie nocturne à Bordeaux ont bien du mal à sortir la tête de l’eau. D’autant qu’aucune date de reprise n’a été annoncée

 

TPLT, Bordeaux Open Air, L’Orangeade, FIMEB… A quand le retour de la fête à Bordeaux ?
Cette année devait être celle de la cinquième édition pour Bordeaux Open Air (© Léo Edery)

Alors que les restaurants et les bars rouvraient leurs portes en grande pompe, ce mardi 2 juin 2020, les acteurs culturels de Bordeaux (Gironde), diffuseurs, artistes, salles de concerts, restent le bec dans l’eau.

Non seulement cette crise les a-t-elle privés d’événements depuis plus de deux mois, mais le flou persiste quant à la date de reprise de leurs activités. Une question de jours ? De mois ? « Notre horizon, c’est plutôt la rentrée. Mais nous nous tenons prêts si toutefois le feu vert pour des rassemblements de plus de 10 personnes nous est donné, dès ce 22 juin », note Clément Lejeune, qui occupe la présidence de la Fédération Inter-associative des Musiques Électroniques de Bordeaux (FIMEB).

Suspendues aux aides de la mairie

Le porte parole de cette toute jeune fédération, qui réunit aujourd’hui 15 collectifs très actifs sur la scène locale -dont TPLT, Bordeaux Open Air ou l‘Orangeade , pour ne citer qu’eux – constate des situations disparates parmi les entités qu’il défend.

Certaines, les plus importantes, ont des assises financières qui leur permettront probablement de continuer leurs activités même après la crise. Pour d’autres, plus petites, très dépendantes de leurs dates, ce sera sans doute plus compliqué. »

Car même si le secteur événementiel musical, et particulièrement la scène électronique, repose sur l’investissement de bénévoles, certaines associations sont parvenues à pérenniser des postes salariés. Un bon indicateur en temps normal qui pèse lourd dans les frais fixes à l’heure du COVID-19. « Depuis le début du mois de mars, toutes nos activités ont été stoppées net », poursuit Clément.

Florian Bourdot, qui a mis sur pied Bordeaux Open Air en 2016,  va même jusqu’à s’interroger sur la survie de son festival.

L’édition 2020 semble compromise. Ce qui signifie aucune rentrée d’argent, alors même que nos frais fixes continuent à courir, comme la location de nos locaux et la rémunération de nos collaborateurs. Si nous ne sommes pas aidés par la municipalité, je ne suis pas sûr de pouvoir maintenir notre organisation telle qu’elle existait avant la crise.

Il faut dire que BOA pèse parmi les grands, ici. Avec un chiffre d’affaires de 560 000 euros en 2019, l’association accuse un sérieux manque à gagner cette année, malgré l’aide de l’été métropolitain.

Pour le combler, les deux cofondateurs ont choisi de diversifier leurs activités.

Nous développons une activité événementielle en marque blanche, afin de garder la tête hors de l’eau. Mais elle est loin de compenser nos pertes. Pour être honnête, notre sort sera fixé au prochain conseil municipal ».

Bordeaux

(Une soirée du FIMEB avant la crise © Arthur Brémont)

Le « fond COVID »

A la fin du mois de mai, la Mairie de Bordeaux dévoilait son plan d’aide aux associations culturelles, sévèrement éprouvées par la crise sanitaire. « Un fond de soutien exceptionnel », dont vont bénéficier les structures bordelaises qui en ont fait la demande.

23 associations ont pour l’heure reçu une réponse favorable. Dans la première phase du dispositif, elles se partageront les 279 500 euros prévues par la municipalité, afin, selon leurs mots, « de compenser la perte de chiffre d’affaires », et de « maintenir les contrats de travail ou d’engagements divers malgré les annulations et les reports ».

Une aide tout à fait nécessaire, commente Clément Lejeune, « mais nous aurons besoin d’un accompagnement durable dans le temps pour nous permettre de survivre au coronavirus ».

Pour cause, la période faste pour les collectifs correspondant au printemps et à l’été, 2020 s’annonce déjà comme une année blanche.

Un appel des indépendants

Mais pas d’événement à organiser ne veut pas dire période chômée !  Via des soirées virtuelles sur Zoom, des podcast audio, des playlists, et des partenariats noués avec des blogs spécialises, les collectifs ont continué autant que faire se peut, à faire vivre cette scène électronique.

Ce temps de confinement a également été celui de l’introspection. Dans la France entière, les associations culturelles ont uni leurs forces pour faire entendre leur voix. « Nous devons nous battre chaque jour pour tenter de sauver nos emplois et faire entendre la fragilité de notre secteur »,  clamaient-ils dans l’appel des independants, lancé en mars dernier, et ratifié par 1200 acteurs du secteur dont plus de 80 bordelais.

Privilégier les circuits courts

Cette période d’arrêt forcé a également permis aux collectifs bordelais de s’interroger sur leur manière de fonctionner à l’échelle locale. A l’instar du secteur de l’agroalimentaire, Clément Lejeune plaide désormais pour le recours aux « circuits courts », dans le secteur culturel.

Nous gravitons dans un écosystème où nous sommes tous interdépendants. Il nous apparaît essentiel, aujourd’hui, pour sortir de la crise de mettre a contribution les acteurs de notre territoire, en faisant la promotion de nos artistes locaux notamment. Payer un billet d’avion pour venir faire jouer un DJ étranger pendant 2 heures, ça n’a plus vraiment de sens à l’heure actuelle. ».

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