Marlène Schiappa : «Je veux défendre les femmes de chambre»

Marlène Schiappa : «Je veux défendre les femmes de chambre»

 

Dans un entretien accordé au Parisien, la secrétaire d’État s’engage à améliorer les conditions de travail des salariées du secteur de la propreté, dont la plupart sont en situation de précarité.

Elles changent les draps, vident les poubelles et nettoient les lavabos, toujours loin des regards de tous. Dans les hôtels, les femmes de chambre sont indispensables et pourtant invisibles. La plupart vivent dans la précarité, avec des conditions de travail difficiles souvent passées sous silence.

Et visiblement, Marlène Schiappa l’a compris. La secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes annonce ce dimanche 23 juin dans Le Parisien vouloir améliorer le quotidien de ces travailleuses. «Dès septembre, je confie une mission sur les conditions de travail des femmes de chambre au Conseil supérieur de l’égalité professionnelle. C’est une instance de dialogue social que je préside, avec les syndicats de salariés, patronaux, personnalités qualifiées, qui me fera des propositions avant la fin de l’année pour améliorer leur situation», annonce d’ores et déjà la ministre.

Des mesures contraignantes envisagées

Pour ne pas perdre de temps, Marlène Schiappa a aussi pris contact avec les fédérations et principales agences qui emploient les femmes de chambre. «Je les réunis au ministère dans les prochaines semaines pour que chacune puisse partager des engagements concrets», précise la secrétaire d’État, qui a fondé en 2008 le blog Maman Travaille considéré comme l’une des premiers réseaux de mères actives.

Depuis plusieurs mois, des mouvements de grève de femmes de chambre se déroulent dans le pays. C’est par exemple le cas à Marseille où les employées d’Elior Services se sont installées, depuis le 11 avril, devant leur hôtel à Marseille pour dénoncer leurs conditions de travail. Parce qu’il est temps de passer à l’action, Marlène Schiappa ne s’interdit pas «de passer par des mesures contraignantes si cela n’aboutit pas».

Les femmes, premières victimes des contrats précaires

Défendre les femmes de chambre, «c’est de la sororité, de la solidarité féminine», assure la secrétaire d’État. «Je crois que l’engagement pour l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas seulement une lutte pour que les femmes accèdent à des postes de direction. Elle passe aussi par l’amélioration des conditions de travail des plus précaires.»

En 2017, on comptait 519.010 salariés dans le secteur de la propreté, dont les trois-quarts sont des femmes. Parmi eux, 76% occupaient un poste à temps partiel. Les femmes sont les premières victimes de ces contrats précaires. Selon le Monde la Propreté, 66% des femmes du secteur gagnent moins de 900 euros par mois.

La réaction de la Fédération des entreprises de la propreté

« Si le souhait de Madame la ministre est d’améliorer les conditions de travail de nos salariés en privilégiant le travail en continu et en journée, formidable ! Cela fait des années qu’on le demande. »

Après notre appel, Philippe Jouanny, président de la Fédération des entreprises de propreté et services associés, en sait désormais plus sur l’invitation, le 3 juillet, au secrétariat d’Etat à l’égalité Femmes Hommes. Il fera partie des acteurs du secteur de la propreté qui seront reçus par celle qui en est à la tête, Marlène Schiappa, et qui attend des engagements concrets de leur part.

« Notre première table ronde à ce sujet, en présence notamment de représentants de l’Etat, date de 2009. Nous faisons donc la promotion de cette organisation depuis longtemps mais cela bouge difficilement du côté des clients », reconnaît le responsable. Aujourd’hui, ce sont ces derniers, en effet, qui ont le dernier mot.

 

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