L’érosion du parc des hôtels, campings, résidences de tourisme et villages vacances s’accentue

L’érosion du parc des hôtels, campings, résidences de tourisme et villages vacances s’accentue

L’érosion du parc des hôtels, campings, résidences de tourisme et villages vacances s’accentue

 

Le parc des hébergements touristiques collectifs a perdu cette année encore quelques centaines d’adresses, selon le dernier recensement effectué début 2021 par l’Etat et les territoires. Le recul, cette fois, touche tous les types d’hébergement, à l’exception des auberges de jeunesse. Le haut-de-gamme résiste également mais sa progression se ralentit. Pour autant, la crise sans précédent que connait le secteur depuis mars 2020 ne semble pas avoir provoqué de fermetures massives.

 

 

L’érosion du parc des hôtels, campings, résidences de tourisme et villages vacances s’accentue

Petit par la taille mais grand par son originalité et sa couverture médiatique. Le concept de cinéma-hôtel imaginé par le groupe MK2, producteur-distributeur de films et exploitant de salles, a ouvert à la mi mars, au-dessus de son complexe du boulevard Diderot (Paris 12 ème). A l’hôtel Paradiso, on peut des films sur écran géant dans chacune des 34 chambres et même en salle de projection privée dans chacune de ses 2 suites. Proposé actuellement à partir de 161,10 euros la nuit pour 2 personnes. 

 

Evidemment inquiétant, sans pour autant être catastrophique. En 2020, comme les trois années précédentes, le parc français a subi de nouvelles entailles. Mais sa physionomie générale reste globalement inchangée. Son stock de 2,506 millions de chambres et emplacements se maintient à un niveau proche de celui de l’année 2017 (2,527 millions). Le nombre d’adresses, toutefois, est un peu inférieur ( 29 313 vs 30 151).

Tout comme en 2020, le recul du nombre de chambres et emplacements reste cantonné cette année sous la barre des 1 % (0,8 % vs 0,5 %). Mais la la baisse du nombre d’adresses s’est légèrement accentuée (-1,3 % vs -0, 8%). Constat comparable dans l’hôtellerie, où le secteur perd d’avantages d’adresses qu’en 2020 (282 contre 262). Mais surtout, il perd environ près de 4 500 chambres alors qu’il en avait gagné 2 200 1 an plus tôt. Il faudra donc scruter les prochains recensements de l’Insee pour conclure, ou non, à un changement d’époque.

A court terme, il convient de relativiser cette tendance baissière. Dans l’hôtellerie, elle ne concerne que les établissements non classés et les gammes économiques (1 et 2 étoiles).  A l’inverse, les classé 3, 4 et 5 étoiles continuent leur expansion. Mais à un rythme nettement ralenti. Les 5 étoiles, par exemple, ne comptent que 12 adresses de plus en janvier 2021 (pour un total de 408), au lieu de 22 en janvier 2020. Le parc des 5 étoiles n’a engrangé dans la période que 342 chambres supplémentaires. Contre 1 262 1 an plus tôt.

Un rayon de soleil dans ce panorama grisâtre : la belle progression des auberges de jeunesse et maisons familiales de vacances. Leur parc passe, en effet, de 266 à 321 hébergements (+20,6 %). Et de 36 371 à 41 549 lits (+14,2%).  Les auberges de jeunesse, aussi indispensables soient-elle aux yeux d’un segment de clientèle, n’en demeurent pas moins une niche de marché, ne pesant qu’ 1 % de l’ensemble du parc.

Jusqu’à maintenant, la crise du covid-19 n’a pas dégradé le parc

Force est de le constater, la récession majeure qu’ont subi les hébergements touristiques (ils ont perdu 51 % de leurs volumes de nuitées), n’a provoqué que très marginalement des arrêts définitifs d’activité.

Les pertes d’exploitation continues subies en 2020 auraient du entraîner des liquidations judiciaires et des cessions. Il n’en a rien été. Les lois d’urgence sanitaire, toujours en vigueur, ont permis de geler les procédures. Les Tribunaux de commerce n’ont décidé que 195 liquidations d’hébergement touristique l’an dernier. Un plus bas historique.

Etait-il, d’ailleurs, de l’intérêt des établissements de fermer définitivement leurs portes ?  En ne mettant pas la clef sous la porte, ils pouvaient prétendre aux aides mises en place par l’Etat et les Territoires. Prêts de trésorerie (PGE et prêts des régions). Prise en charge des salariés (chômage partiel). Et compensation, incomplète certes, des pertes de chiffre d’affaires par le fonds de solidarité. En attendant l’aide aux coûts fixes.

Dans un prochain article, à paraître le 29 mars, nous analyserons l’évolution territoriale des hébergements touristiques. Savez-vous combien de communes françaises, en 2021, compte au moins 1 hôtel ? 5 464. Quelle est la commune de France offrant le plus de campings ? Argelès-sur-Mer, avec 51 campings totalisant 14 228 emplacements…

Hébergements touristiques collectifs en France : l’évolution sur cinq ans

Sources des données et du tableau
  • Insee en partenariat avec la DGE (Direction Générale des Entreprises) et les partenaires territoriaux en région
  • HR-infos pour la conception du tableau comparatif des données annuelles
Précisions
  • données France (hors Mayotte) actualisées au 1er janvier 2021
  • les résidences de tourisme incluent des établissement dits « assimilés »
  • Les villages de vacances incluent les maisons familiales de vacances
  • Les auberges de jeunesses incluent les centres internationaux de séjour et les centres sportifs
  • Les données en bleu correspondent à des chiffres en progression par rapport à ceux de à l’année N – 1
  • Les données en rouge correspondent à des chiffres en recul par rapport à ceux de l’année N – 1

A la Une, Hôtels

Laisser un commentaire