Le gouvernement veut rendre l’hôtellerie-restauration plus attractive

Le gouvernement veut rendre l’hôtellerie-restauration plus attractive

 

Alors que chaque année, plus de 100.000 emplois ne trouvent pas preneur, l’exécutif a présenté «un plan pour booster l’emploi et la formation dans le secteur.

 

Édouard Philippe a profité de cette réunion pour présenter des chiffres record en termes de fréquentation touristique pour 2018.

 

A l’issue du quatrième Comité interministériel du Tourisme (CIT), vendredi, le Premier ministre a annoncé plusieurs mesures pour favoriser l’emploi dans l’hôtellerie et la restauration, où plus de 100 000 postes ne sont pas pourvus.

Le gouvernement veut répondre aux besoins en main d’oeuvre des secteurs de l’hôtellerie et de la restauration. Pour répondre aux inquiétudes des employeurs qui peinent à recruter, le premier ministre a présidé ce vendredi à Matignon le quatrième Comité interministériel du Tourisme (CIT), qui se tient tous les six mois, aux côtés de plusieurs ministres et en présence de représentants du secteur tourisme et des collectivités.

Alors que chaque année, plus de 100.000 emplois dans l’hôtellerie et la restauration ne trouvent pas preneurs, en raison de conditions de travail parfois difficiles et de salaires pas toujours motivants, le gouvernement a présenté «un plan pour booster l’emploi et la formation dans le secteur du tourisme».

Fidéliser la main d’oeuvre

“L’enjeu est de davantage attirer les talents, sécuriser les parcours, mieux former les jeunes et les salariés, les fidéliser et éviter le turn-over. L’outil de formation initial tourne bien, mais les jeunes ont tendance à ne pas rester dans la filière”, a résumé auprès de journalistes Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat au quai d’Orsay chargé du Tourisme. Un Comité de filière pour le Tourisme, comme d’autres secteurs en bénéficient déjà, va être mis en place d’ici fin juillet afin de “formaliser un cadre d’échanges entre les branches” et “mobiliser les acteurs” sur les parcours d’emploi ou la mobilité des salariés.

Pour disposer d’une “vision prévisionnelle des besoins” et ajuster les formations, un contrat liant une douzaine de branches (hôtellerie mais aussi espaces culturels, casinos, spectacle vivant ou transports touristiques) sera mis en oeuvre dès 2019 sous la forme d’un Engagement de développement de l’emploi et des compétences (EDEC).

Pour Jean-Baptiste Lemoyne, “une partie de la réponse” aux problèmes de recrutement réside “dans la qualité de vie au travail et la rémunération. Les acteurs se sont engagés notamment à faire baisser de 3% sur trois ans les accidents du travail”, a-t-il indiqué. Par ailleurs, pour favoriser les dépenses dans l’Hexagone des touristes étrangers, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures dont l’abaissement, prévu pour fin 2021, du seuil de détaxe de 175 à 100 euros.

Record de fréquentation en 2018

Édouard Philippe a profité de cette réunion pour présenter des chiffres record en termes de fréquentation touristique pour 2018, avec un total de 89,4 millions de visiteurs étrangers – contre 86,9 millions un an plus tôt, malgré un effet «gilets jaunes» en fin d’année. L’an dernier, les recettes générées par les touristes se sont pour leur part établies à 56,2 milliards d’euros, en progression de 5% sur un an.

POUR RENDRE LA PROFESSION PLUS ATTRACTIVE, IL FAUDRAIT AUGMENTER LES SALAIRES, MAIS PAS SEULEMENT !

signature-food-and-sens Le syndicat Umih demande à ce que les salariés soient mieux payés pour rendre le secteur de la restauration plus attractif et réduire cette pénurie d’équipiers qui pénalise l’activité de nombreux établissements. La piste de la rémunération au pourcentage ne peut s’appliquer qu’à certaines parties de la profession comme la brasserie ou la gastronomie, mais ces activités ne représentent qu’une infime partie du secteur.

Un constat tout de même dans le secteur de la gastronomie, les salaires ont relativement étaient revus à la hausse, les établissements haut de gamme par manque de candidat proposent des salaires plus élevés que la moyenne, ce n’est pas pour autant que les candidats se bousculent à la porte.

Et pour mieux rémunérer les salariés, il faudrait pouvoir augmenter les prix (pour vendre au juste prix, mais vu la crise sociale ce n’est pas possible) et bien sûr réduire le taux de charge salariale (là le gouvernement ne semble pas vouloir bouger) car en restauration les marges sont de plus en plus réduites et la rentabilité très éphémère.

Mais au final cela semble évident que les salaires doivent être plus élevés dans tout le secteur, mais vu la pression fiscale et sociale les restaurateurs ont besoin de mesures d’accompagnement, sinon l’équilibre économique risque de ne pas être maintenu, et les salaires de ne pas progresser.

Au-delà de la rémunération, l’attractivité des métiers de la restauration viendra aussi si l’ensemble des acteurs du métiers se mettent tous autour d’une table pour rendre l’activité plus  humaine, plus sociable, plus dans un esprit de partage.

© FRED DUFOUR / AFP

Le patronat de la restauration propose lundi une rémunération dite « au service », soit un prélèvement opéré sur le chiffre d’affaires, et une sanctuarisation de la TVA à 10% pour rendre le secteur plus attractif dans un contexte de pénurie de main d’oeuvre.

Confronté à une pénurie « historique » et à des rotations importantes de main-d’oeuvre sur son secteur, le patronat de la restauration réfléchit à mieux payer ses salariés en généralisant la rémunération au chiffre d’affaires et l’intéressement.

Une enquête de Pôle Emploi en 2018 a recensé « 286.000 projets de recrutement dans le secteur de l’hôtellerie/restauration, dont près de la moitié est jugée difficile à pourvoir », rappelle l’Umih, principal syndicat patronal du secteur en France, qui présente des propositions en matière d’emploi, mais aussi de fiscalité ou de développement durable, lors de ses premières « Assises de la restauration commerciale », lundi à Paris.

Un « problème d’attractivité, de conditions de travail, de rémunération » constitue « très certainement les raisons » d’une désaffection pour ces métiers (service en salle, cuisine) constatée notamment dans les Centres de Formation (CFA), admettent les restaurateurs, « malgré de réelles avancées sociales obtenues ».

Avec pour conséquence, des « retards importants pendant les services, du stress au sein des équipes, une réduction partielle d’activité voire la fermeture » d’établissements « pérennes économiquement ». « Nous sommes à la merci de ‘staffs’ très changeants, or si l’entreprise met en place une rémunération au pourcentage, les équipes sont hyper motivées », dit Hubert Jan, président de la branche restauration à l’Umih.

Le syndicat patronal souhaite que l’ensemble des salariés d’un établissement (cuisiniers, plongeurs…) puisse bénéficier de la rémunération dite « au service », un prélèvement opéré sur le chiffre d’affaires, que la loi Godart du 19 juillet 1933 a instauré pour le personnel en salle. De moins en moins pratiqué dans le secteur, ce mode de rémunération a encore cours dans de grandes brasseries parisiennes notamment.

Autre proposition : « sanctuariser » le taux de TVA de 10% sur la restauration commerciale qui « n’est pas une niche fiscale », s’émeut Hubert Jan. « La TVA qui avait été abaissée à 5%, est remontée à 7% puis 10%. Nos entreprises sont fragiles, elles ont besoin de stabilité ».

L’Umih veut aussi que les acteurs du numérique soient régis par une réglementation et une imposition « équitables », car « leur schéma d’optimisation fiscale leur confère un avantage concurrentiel gigantesque face aux acteurs de l’économie réelle », en particulier ceux à « forte intensité de main d’oeuvre » comme la restauration. Le syndicat patronal veut influer sur le modèle économique des sites de réservation en ligne de type Booking.com ou LaFourchette.com (groupe TripAdvisor), « afin de sécuriser les marges des restaurateurs ».

Source Europe1

 

 

 

 

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