Etre reconnu au travail, un besoin vital

Etre reconnu au travail, un besoin vital

La reconnaissance professionnelle nous offre une appartenance à un groupe, nous permet de valoriser notre singularité, et nous aide à donner corps et sens à des activités de plus en plus dématérialisées
 Etre reconnu au travail, un besoin vital

Des dirigeants qui ont peur de féliciter leurs équipes

Pourquoi, alors, certains responsables et chefs de services hésitent-ils de plus en plus à la manifester ? Certains sont des manipulateurs, certes, mais la grande majorité est davantage saisie par la peur. Démonstration avec cette dirigeante d’entreprise pourtant très soucieuse du bien-être de ses employés : « Je n’ose plus exprimer ma reconnaissance, car je crains que mes propos ne servent à constituer des dossiers au cas où je devrais, pour des raisons économiques, me séparer de collaborateurs dont j’apprécie le travail. » Si j’envoie un mail de félicitations à untel, est-ce qu’il ne va pas le conserver, puis en faire usage dans un procès « au cas où »… ?

Des craintes absurdes qui finissent par tendre les rapports, et c’est bien dommage, constate Hélène Vecchiali, car « jouer avec le besoin de reconnaissance de ses subordonnés ou s’en moquer, c’est une arme à double tranchant : même s’ils se montrent discrets, les cadres dirigeants eux-mêmes ont parfois besoin d’être reconnus par ceux qu’ils supervisent, particulièrement quand il y a des tensions dans les bureaux.

Etre reconnu au travail, un besoin vital

En fait, tout le monde est concerné par cette affaire ! Freud disait que quelqu’un d’équilibré travaille “bien” et aime “bien”. L’amour et le travail sont les deux grandes béquilles de l’être humain. L’un peut aider à compenser l’autre. Nous sommes tous égaux face au fait que, parfois, la reconnaissance professionnelle aide à surmonter des moments diffi ciles dans la vie privée, et réciproquement ». Seulement, la confiance se cogne au socle du principe de précaution, et l’expression de la reconnaissance n’est parfois plus indexée à la qualité du travail rendu.

Suspendue à des calculs stratégiques, elle perd de fait sa grande vertu : celle de répondre à l’universel et profond besoin d’être distingué. Même si nous avons le sentiment que celui qui nous fait face est de moins en moins fiable, même s’il est soumis à des pressions intenables, nous voudrions pouvoir sans défiance céder à la tentation de savourer sa reconnaissance, savourer cette preuve que notre travail lui est nécessaire dans toute sa singularité.

Etre reconnu au travail, un besoin vital

Alors, comment faire ? Pratiquer la reconnaissance au travail s’apprend. A condition de respecter certaines étapes.

 

Etape n°1 – Reconnaitre, c’est d’abord connaître

Ecouter les personnes, apprendre à les connaître et à décrypter leur besoin de reconnaissance, voici les premiers pas, indispensables, de la démarche. Etre attentif et comprendre, avant de chercher à agir. Nathalie préfère-t-elle être reconnue pour ses résultats ou en tant que personne ? Que souhaite exprimer Gérard quand il dit ne pas être reconnu à sa juste valeur ?

Etape n°2 – Détecter son propre besoin de reconnaissance

Pratiquer la reconnaissance envers les autres, c’est d’abord avoir fait le point avec soi-même. En effet, son propre besoin de reconnaissance constitue un filtre dans la compréhension du besoin de reconnaissance des autres. Par exemple, si je pense ne pas être reconnu sur le plan salarial, j’imagine qu’il en est de même pour tout le monde. Or chez d’autres personnes, même si ce besoin existe, ce n’est pas forcément le besoin actuel, problématique ou prédominant.

Etape n°3 – Entretenir des relations de qualité avec les personnes

La reconnaissance s’exprime au travers des signes de reconnaissance que l’on exprime vis-à-vis des personnes. Entretenir des relations de qualité avec les autres, c’est se donner des opportunités multiples d’exprimer des signes de reconnaissance adéquats. Dans le cadre d’une bonne relation de travail, un e-mail de remerciement, un mot d’encouragement, une phrase diffusée dans le réseau social interne, la mise en valeur d’un projet en réunion constitueront des signes de reconnaissance authentiques, donc bien reçus et motivants.

Etre reconnu au travail, un besoin vital

Etape n° 4 – Savoir remettre en question ses propres comportements

Pris par les urgences, il peut nous arriver d’oublier de reconnaître les efforts d’un collaborateur au sein d’un projet particulièrement chronophage ou de valoriser ses résultats sur un dossier épineux. Ces comportements peuvent être interprétés par les personnes concernées comme un manque flagrant de reconnaissance. Savoir remettre en cause ses comportements pour ajuster ceux qui pourraient ne pas être appréciés est une étape indispensable dans la maîtrise de l’art de la reconnaissance.

L’incontournable : passer du temps avec chacun de ses collaborateurs est en soi un beau signe de reconnaissance, car c’est la preuve que dans votre emploi du temps surchargé vous le considérez comme suffisamment important pour lui accorder de votre temps précieux. Ce sont également des moments d’échange où vous mettez en œuvre toutes vos qualités humaines de discernement, d’encouragement et de communication constructive.

Etape n°5 – Pratiquer la méthode essais-ajustements

Démarrer par des signes de reconnaissance à faibles impacts, être attentif aux réponses des personnes concernées, veiller à être équitable vis-à-vis de tous, apprendre de ses erreurs, continuer en ajustant ses comportements, tels sont les basiques de l’apprentissage qui petit à petit s’intègrera naturellement dans les pratiques professionnelles.

Etape n°6 – Intégrer la reconnaissance dans son rôle opérationnel

Ecouter ses collaborateurs pour comprendre les enjeux, leur montrer sa confiance en les responsabilisant, recadrer quand il le faut, les reconnaître dans leur travail au quotidien et dans les moments clés de leur évolution professionnelle, sont des composantes essentielles pour les accompagner dans leur réussite.

Le double bénéfice de la reconnaissance ? Donner aux autres le moyen de s’épanouir et dans un même temps développer son propre rayonnement professionnel.

 

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