Emmanuel Macron se prononce en faveur de la défiscalisation des pourboires dans la restauration

Le chef de l’Etat a pris la parole, lundi, à l’occasion d’une rencontre à l’Elysée avec une centaine d’acteurs du secteur, dont des chefs étoilés.

Un serveur prend les commandes de ses clients sur la terrasse d’une brasserie parisienne, le 19 juillet 2025.

C’est un complément de rémunération très apprécié dans le secteur. Le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, a appelé, lundi 29 septembre, à supprimer « toute la fiscalité et les charges » sur les pourboires dans la restauration. Il a également appelé à « mieux valoriser » le métier de restaurateur et à mieux« contrôler » les denrées importées, lors d’une rencontre à l’Elysée avec une centaine d’acteurs du secteur, dont le gotha des chefs étoilés.

Depuis 2022, les pourboires (notamment ceux payés par carte bancaire) sont exonérés fiscalement pour les salariés des commerces en contact avec la clientèle et dont la rémunération mensuelle est inférieure à 1,6 smic, explique l’Urssaf(Nouvelle fenêtre). Le but est de renforcer l’attractivité d’uneprofession éprouvée par la crise du Covid-19. Mais le dispositif doit s’arrêter au 31 décembre 2025.

Une taxation en forme de « prime au sourire offerte par le client », dénonçait Thierry Marx, président confédéral de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) au micro de France Inter en août(Nouvelle fenêtre)S’ils sont taxés, « il n’y aura plus de pourboire et ce sera encore une fois les salariés de ce secteur qui vont être pénalisés », affirmait-il encore.

« Défi du recrutement »

« Les temps sont difficiles » pour la restauration, a martelé lundi le chef de l’Etat en évoquant, lui aussi, la « hausse des coûts », le « défi du recrutement » et la moindre fréquentation des clients. « Il y a une difficulté de pouvoir d’achat, ce qui fait que dans beaucoup d’endroits, le restaurant, qui est une tradition, on [s’y rend] moins souvent », a-t-il constaté. Pour faire face à ces défis, « on doit supprimer toute la fiscalité et les charges sur les pourboires », qui « doivent pleinement aller dans la poche de ceux qui travaillent », a-t-il insisté, sans davantage de précisions.

Les syndicats expriment une tout autre position sur la question, jugeant que le pourboire ne peut pas répondre au problème des faibles salaires dans le secteur. « Avec la défiscalisation des pourboires, les entreprises pourraient se dédouaner de revalorisations salariales. Les pourboires sont par ailleurs aléatoires, inégaux selon le poste et même les territoires ! », déplore par exemple la CFDT Services sur son site(Nouvelle fenêtre). « [La défiscalisation], c’est un détournement de cotisations », déplore, auprès des Echos(Nouvelle fenêtre), Nabil Azzouz, secrétaire fédéral en charge du secteur des hôtels, cafés et restaurants pour la FGTA-FO.

Le sujet est loin d’être anecdotique : « Les pourboires peuvent représenter un treizième mois dans l’année », a chiffré mardi sur RMC(Nouvelle fenêtre) Catherine Quérard, présidente du Groupement des hôtelleries et restaurations de France. Une estimation qui peut grandement varier en fonction du type d’établissement.

 « Transformation culturelle » 

Le chef de l’Etat entend aussi valoriser le titre de « maître restaurateur », qui garantit un travail sur la base de produits bruts et frais pour la majorité des ingrédients utilisés, déplorant que ces professionnels ne soient que 3 000 et appelant à viser un objectif de 10 000 à l’horizon 2027. Il faut « mieux faire le distinguo dans les simplifications, les avantages fiscaux et sociaux entre ceux qui font la cuisine et ceux qui réchauffent », a-t-il pointé.

Côté importation, « nous ne contrôlons pas assez dans les ports et aéroports le respect de nos normes », a-t-il noté, évoquant des « denrées qui viennent du bout du monde et qui ne respectent pas les conditions sanitaires et phytosanitaires qu’on impose à nos propres produits ». Le chef de l’Etat a aussi plaidé pour une « transformation culturelle » chez les Français. « On a habitué beaucoup nos compatriotes à ce que l’alimentation ne coûte plus rien ou de moins en moins (…). Il doit y en avoir pour tous les porte-monnaie », et derrière le travail fourni, il doit aussi « y avoir un juste prix », a-t-il plaidé.

Source France Info

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