Devoir recommander pour atteindre les 65 € de consommation par tête : c’est ce qu’ont vécu ces clients en Belgique. Une règle indiquée à la réservation, et qui peut aussi vous arriver en France.

Imposer un minimum de consommation, une pratique légale mais peu pratiquée en France, peut notamment concerner les terrasses et les endroits prisés. (Image d’illustration à Paris)
LIFE – C’est une mauvaise surprise qui a attendu ces clients en Belgique au moment de payer leur addition au restaurant. Alors que Jarno et ses amis terminaient leur dîner sur le rooftop de l’hôtel Yalo, à Gand et s’apprêtaient à partir, le serveur leur a fait une requête à laquelle ils ne s’attendaient pas du tout :devoir chacun reprendre une consommation afin d’atteindre le montant de 65 € par personne, comme le raconte l’homme de 38 ans.
« La soirée s’était bien passée et, après deux ou trois heures, nous avons demandé l’addition. Au total, nous avions mangé huit ou neuf assiettes à partager – il n’y avait qu’une formule d’assiettes à partager – et commandé deux bouteilles de rosé. Sauf que, pour le serveur, ce n’était pas suffisant. Nous n’avions dépensé “que” 60 euros par personne, alors que le restaurant impose un minimum de 65 euros », raconte-t-il auprès du média belge en langue flamande, le Het Laatste Nieuws.
Si le groupe a fini par recommander une bouteille de vin pour atteindre le seuil minimum, il n’en reste pas moins que l’expérience a étonné Jarno. « Personnellement, je trouve ça étrange de traiter ainsi ses clients. Si nous avions tous bu un verre d’eau, je comprendrais. Ce n’est pas rentable pour un restaurant. Mais nous avions tous très bien mangé, et il n’y avait pas foule », explique-t-il.
Une mesure visant à être « rentable »
Cette condition est en effet bien indiquée sur le site internet du restaurant de l’hôtel. « Pour les dîners, nous appliquons un minimum de 65 euros par personne, boissons comprises. Pour cela, nous garantissons votre table pour une soirée entière sur notre rooftop dans la partie couverte », écrivent-ils de façon bien visible.
Le patron de l’hôtel s’est d’ailleurs également expliqué dans le Het Laatste Nieuws. « Je tiens à souligner que cette règle du montant minimum ne s’applique pas tout le temps. Elle ne s’applique que si vous réservez pour manger le soir. Dans ce cas, nous vous demandons de dépenser au moins 65 euros par personne, ce qui est inférieur au prix moyen d’un dîner », explique Paul Suy.
« La raison de cette mesure est simple. Nous voulons éviter que les clients occupent la terrasse toute la soirée en ne buvant qu’une ou deux bières. Cela prendrait la place de ceux qui souhaitent dîner, ce qui n’est pas rentable pour nous. C’est d’ailleurs une règle que nous expliquons clairement lors de la réservation », poursuit-il.
Une pratique légale en France
La Fédération Horeca Bruxelles – un équivalent de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) en France – explique pourtant auprès de La Dépêche que cette pratique pourrait même bientôt devenir la norme en Belgique, mais aussi dans beaucoup d’autres pays.
Les professionnels expliquent que cette pratique se justifie notamment en raison des « no-show », ces clients qui réservent une table mais ne se présentent finalement pas, le cauchemar des restaurateurs. Mais aussi de l’augmentation des coûts du personnel, qui justifieraient de devoir s’assurer que leurs services génèrent suffisamment de bénéfices. Et ce, même si un montant de 65 € par personne pour un dîner peut paraître particulièrement dissuasif pour beaucoup de clients, pas forcément prêts à dépenser autant d’argent pour un restaurant.
Cette pratique du minimum de consommation n’a d’ailleurs rien d’illégal en France, à condition qu’elle soit très clairement précisée lors de la réservation, un détail qui avait visiblement manqué à Jarno et ses amis belges. Cet exemple rappellera en tout cas à toutes et tous de désormais bien vérifier les conditions de réservation la prochaine fois que vous souhaitez dîner dans un restaurant.



