L’ex-salarié du restaurant se venge via internet

L’ex-salarié du restaurant se venge via internet

L’ex-salarié du restaurant se venge via internet

 

Romain et Isabelle (les prénoms ont été changés) sont restaurateurs à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, en Vendée. Ils pensaient avoir trouvé la perle rare en embauchant ce salarié. Mais ça a tourné au vinaigre… Depuis, l’homme se venge sur le site d’avis en ligne TripAdvisor et menace la santé financière de leur entreprise. Ils témoignent.

L’ex-salarié du restaurant se venge via internet

L’embauche

« On est à notre compte depuis 1999. En 2011, on a repris un restaurant à Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Tout se passait bien jusqu’en mai 2014. On a embauché un responsable de salle qui paraissait avoir un CV intéressant. Il était très charismatique, sûr de lui… »

Les problèmes avec les clients

« Pendant des mois, on n’a vu aucun problème et pourtant il y en avait beaucoup. Bien plus tard, on a appris qu’il nous insultait devant les clients. À certains, il disait qu’il était en train de racheter l’affaire. Ou il refusait des clients à 20 h 15, leur disant que le service était fini… Évidemment, tout cela était faux mais il le faisait quand on avait le dos tourné. Aucun salarié n’a osé nous le dire car il s’était présenté comme associé dans l’affaire, donc comme leur référent. Vu l’ambiance, on a perdu beaucoup de clients et du personnel. »

Puis avec l’équipe

« Il a semé la zizanie dans l’équipe. Un jour, il est venu nous dire que la cuisine avait servi un hamburger sans steak. Le truc impossible… Pour nous le prouver, il est allé chercher le plat sur la table de clients. Un an après, un salarié nous a avoué qu’il l’avait vu le faire enlever…

Il a aussi dénoncé un des serveurs en nous disant qu’il l’avait vu boire un whisky au bar d’à côté pendant son service. On n’a jamais su si c’était exagéré ou pas. Il faisait tout ça pour qu’on ait confiance en lui et pour nous couper de nos salariés. Soit il mettait les collègues dans sa poche, soit il mettait la pression sur ceux qui résistaient.

Le premier nous a quittés au bout de trois semaines et un chef de rang est parti le 31 juillet en pleine saison. Nous-mêmes, on a licencié le chef alors qu’il a dû tomber dans un guet-apens… »

Le déclic

« J’ai honte aujourd’hui, il a réussi à nous manipuler… Jusqu’au jour où on s’en est rendu compte. Je pense qu’il a senti, à ce moment-là, qu’il n’avait plus la main. Son objectif était probablement de faire couler le restaurant pour le racheter avec un financier.

On a pu le licencier mais il a fallu plusieurs avertissements. Lui a commencé son entreprise de dénigrement. D’autres restaurateurs nous ont appelés pour nous dire qu’il disait beaucoup de mal de nous à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, puis les avis sur TripAdvisor ont commencé à se multiplier. »
Isabelle et Romain sont restaurateurs à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, en Vendée. Au fil des mois, ils ont vu le chiffre d’affaires de leur restaurant plonger. (Photo : Ouest-France)

L’ex-salarié du restaurant se venge via internet

La chute sur TripAdvisor

« En quelques mois, on a chuté de 35 places. On est passé de la première page aux oubliettes. Avec des commentaires horribles. Même s’il a multiplié les profils, en un coup d’œil, on a reconnu les siens car on y trouve des expressions qu’il utilisait souvent.

Mais face à TripAdvisor, c’est dur. On a réussi à faire enlever une dizaine de commentaires, les plus diffamants. Il en reste encore une dizaine mais TripAdvisor nous répond, par des messages type, que ces propos n’enfreignent par leur charte et nous conseille d’utiliser notre droit de réponse sous les avis. Sauf que si on écrit qu’il s’agit d’un faux profil, il nous supprime notre réponse…

On a porté plainte pour toute cette affaire mais les gendarmes ne peuvent rien faire concernant TripAdvisor car le site est basé à l’étranger. Quand on a demandé aux commerçants de nous faire des attestations comme quoi il nous avait dénigrés devant eux, seul un a accepté. Les autres craignent que notre ex-salarié ne leur fasse subir le même sort. Au final, il a été convoqué chez le procureur et s’en est tiré avec un simple rappel à la loi. Quelques semaines plus tard, son nouvel employeur nous a contactés. Il venait de vivre à peu près la même histoire… »

La lente remontée

« L’affaire n’est pas finie car il nous attaque aujourd’hui aux prud’hommes. Sur deux saisons, on a perdu entre 200 000 € et 300 000 € de chiffre d’affaires. Il a mis vingt ans de travail à la poubelle. On a demandé à être placé en redressement judiciaire. Le chiffre d’affaires commence à remonter et la bonne ambiance est revenue. Heureusement, le mandataire et le juge-commissaire sont compréhensifs par rapport à notre histoire. Ils nous encouragent à nous battre. »

Ouest france

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