Le vrai cuisinier était un faux Meilleur ouvrier de France

Le vrai cuisinier était un faux Meilleur ouvrier de France

Il y a quelques semaines, Christophe Schrim, patron du restaurant le Foirail, embauche un nouveau cuisinier. Il découvre alors que Marco Rouault porte la fameuse veste au col tricolore, signe distinctif des MOF, et qu’il a travaillé dans des lieux de prestige… Sauf que tout ou presque était faux.

 

Le vrai cuisinier était un faux Meilleur ouvrier de France
Marco Rouault, de son vrai prénom Jean-Marc, porte la veste des MOF. Sauf qu’il n’a jamais reçu le titre prestigieux. Son patron Christophe Schrim, pas au courant de la supercherie, l’a licencié mercredi.  Photo Le Progrès /DR

La veste bleu-blanc-rouge ne fait pas toujours le Meilleur ouvrier de France ! Ce pourrait être la morale de cette histoire peu banale. Il y a quelques semaines, Christophe Schrim, le patron du restaurant le Foirail à Saint-Haon embauche un nouveau cuisinier : Marco Rouault. Ce dernier pose fièrement en photo au côté de son nouvel employeur avec le fameux col aux couleurs du drapeau français, brodé sur sa veste de cuisine. Signe distinctif des Meilleurs ouvriers de France.

Un restaurant à Sydney introuvable

Un titre prestigieux. Ses états de service font mention d’une formation tout aussi brillante. Marco Rouault aurait fait ses classes auprès des maisons Troisgros et Bocuse. Il aurait bourlingué à travers le monde de la Suisse en passant par Hong Kong et travaillé dans des cuisines de renom dont le « meilleur restaurant de la ville de Sydney en Australie, l’Enass table ». Sauf qu’après une rapide recherche, ce fameux meilleur restaurant de Sydney n’existe pas… ni même le nom du cuisinier sur la liste des MOF !

« J’ai découvert ses mensonges lundi soir, souffle Christophe Schrim, quand j’ai eu le bureau national des MOF au téléphone qui m’a averti de la situation. J’en ai parlé avec mon cuisinier le lendemain. » Sauf qu’au lieu de s’excuser, Marco Rouault, Jean-Marc de son vrai prénom, prend mal les choses. « Au bout d’un moment, il est quand même venu me voir pour me dire la vérité. Il a acheté sa veste chez le fournisseur des MOF. On ne peut pas faire cet achat comme ça et d’habitude il y a une enquête auprès du bureau régional des MOF. Mais là, il est passé à travers les mailles du filet. »

Client depuis deux ans

Christophe Schrim a connu son « futur » cuisinier il y a deux ans environ. « C’était un de mes clients qui venait régulièrement. On a sympathisé, il appréciait ma cuisine… Il me donnait des conseils et me demandait mon avis sur les différents postes qu’on lui proposait », explique le patron du Foirail. Au fur et à mesure, Jean-Marc Rouault explique qu’il aimerait travailler dans les cuisines du Foirail. « Je ne pouvais pas lui payer un salaire à la hauteur de ses qualifications. Mais nous avons trouvé un terrain d’entente le mercredi avant la Fête des mères. » À ce moment-là, Christophe Schrim ne sait toujours pas que son cuisinier porte la fameuse veste au col tricolore.

La phrase

« Je vais chercher un nouveau cuisinier. Cette fois-ci, je vérifierai bien ses références » Christophe Schrim

Licencié mercredi matin

« Il m’a dit qu’il avait une amie journaliste qui pouvait lui faire un article. Elle est venue à Saint-Haon. Au moment de la photo, il a enfilé sa veste. Je lui ai demandé plusieurs fois pourquoi il ne me l’avait pas dit. Il n’a pas vraiment répondu à ma question. Mais à aucun moment il a démenti, il a relu l’article également sans jamais rectifié qu’il n’était pas MOF. » Avant de quitter ses fonctions de cuisinier mercredi à la suite de son licenciement, le faux MOF a assuré son patron « qu’il avait fait ça pour nous aider… Mais au contraire, il m’a desservi », peste Christophe Schrim. Seule consolation, c’est que celui qui a officié aux fourneaux avait bien un diplôme de cuisinier : « Son seul titre est celui de Meilleur apprenti de la Nièvre dans les années 1980… »

Pas de dépôt de plainte… pour le moment

Le patron du Foirail n’a pas déposé plainte. « Je veux en rester là, même si c’est une très mauvaise expérience que je viens de vivre. Pour le moment, je n’ai qu’un préjudice moral. Car je lui avais donné ma confiance et il l’a trahie. Par contre, si je venais à connaître un préjudice financier, alors oui, je déposerais plainte. Vis-à-vis du public et de mes clients, cette histoire va me desservir… » Du côté du bureau régional des MOF, il n’y aura pas de dépôt de plainte non plus. « Nous souhaitons juste préserver la notoriété de notre titre et en dénonçant cette usurpation », précise l’un des MOF du bureau régional de Lyon.

Source Le Progrès 

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