Il ferme ses deux restaurants faute de personnel

Il ferme ses deux restaurants faute de personnel

Il ferme ses deux restaurants faute de personnel

 

Confronté à une pénurie d’employés, ce gérant a dû fermer deux de ses trois restaurants à Besse. Dans le Sancy, d’autres établissements sont confrontés à des soucis de personnel cette saison. Il n’est hélas pas le seul, nombreux sont les établissements qui ferment ou réduisent les jours d’ouvertures voir les horaires faute de salariés. 

 

 

Il ferme ses deux restaurants faute de personnel

Philippe Grégoire a dû fermer deux de ses trois établissements à Besse, faute de personnel. © Agence ISSOIRE

A Besse, la pizzeria Mato’coulis est ouverte depuis 25 ans. Mais pas cette année. Sur la devanture, les visiteurs trouvent ce message : « C’est avec la plus grande déception que nous vous informons de la fermeture de la pizzeria Mato’coulis à cause de problèmes de recrutement de personnel. Toute l’équipe vous attend à la brasserie de la Gayme, en attendant que les chômeurs rentrent de vacances. »

Sur la devanture du restaurant Mato’coulis de Besse, les visiteurs tombent sur ce message.

Philippe Grégoire, le gérant, est amer. « Ça fait mal au cœur de la voir fermée en pleine saison estivale. » A Besse, il possède trois établissements. La pizzeria Mato’coulis, le restaurant La Vache Rouge et la Brasserie de la Gayme. Faute de personnel, il a été contraint de fermer les deux premiers cette saison. « Il me manque neuf employés pour faire tourner les deux endroits ». Des fermetures qui entraînent une baisse de 40% de son chiffre d’affaire annuel.

« Je vais définitivement fermer une affaire »

PHILIPPE GRÉGOIRE Gérant de trois restaurants à Besse.

Pour lui, la raison est simple : les allocations chômage, trop élevées, n’encourageraient pas les gens à travailler. « J’ai un employé qui est parti, avant de revenir quelques jours plus tard car il s’était trompé dans ses calculs pour toucher le chômage », raconte Philippe Grégoire. Sur son téléphone, le gérant collectionne les messages insolites. « Cette personne devait venir à partir du mois de mai. Le matin même, il m’envoie ce message : je ne pourrai pas venir travailler car on m’a offert un bébé chien ».

Philippe Grégoire a donc concentré ses activités sur un seul établissement : la Brasserie de la Gayme. Si la situation ne s’améliore pas, l’issue sera radicale. « Je vais fermer définitivement une affaire. »

Le maire pour un nouveau type de contrat de travail

Pour le maire de Besse, Lionel Gay, la situation de Philippe Grégoire est préoccupante, bien qu’elle reste « un cas particulier ». Lui ne croit pas « au cliché des gens trop assistés ». Pour améliorer la situation, le maire a proposé à l’état un nouveau type de contrat de travail mêlant temps de travail, de chômage et de formation. « Il faut casser ce système de saison et offrir une vraie perspective d’avenir au salarié. À Besse, il y a quasiment trois saisons (l’été, l’hiver, et certaines périodes de vacances). Cela fait quasiment huit mois de travail. Avec des contrats annuels, les saisonniers auraient une visibilité plus grande. »

Dans le Sancy, d’autres cas similaires

D’autres restaurateurs du Sancy sont également confrontés à des soucis de recrutement de personnel. A Murol, il manque trois saisonniers au gérant Frédéric Magaud pour faire tourner L’Arbalète sept jours sur sept. « Pour respecter les congés de chacun, je dois fermer un jour et demi par semaine », indique-t-il. Quelques kilomètres, plus loin, au bord du lac Chambon, la pizzeria La Paillote rencontre les même soucis. « Cette année, on n’a reçu aucun CV », soupire Christelle Favard, la gérante. Il lui manque deux employés pour assurer un service tous les jours.

Il ferme ses deux restaurants faute de personnelA Murol, il manque trois employés au restaurant l’Arbalète.

Luc Stelly, directeur de l’office du tourisme du Sancy observe ce phénomène. « Cette année, c’est particulièrement marqué. On se pose des questions. Pourquoi certains ne veulent travailler qu’un mois ? Le logement est-il le problème ? Il y a aussi la question des indemnités de chômage que certains préfèrent toucher. Si cette situation se poursuit, il va falloir agir. »

Luc Brisson

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