Grève dure à l’hôtel Campanile Tour Eiffel

Grève dure à l’hôtel Campanile Tour Eiffel

Grève dure à l’hôtel Campanile Tour Eiffel

 

Enervée, une femme habillée de violet jusqu’à son chapeau donne un coup de pied dans la porte vitrée en constatant que l’hôtel où elle a réservé une chambre, le Campanile Tour Eiffel, à Paris, est fermé.

Grève dure à l’hôtel Campanile Tour Eiffel

A l’intérieur, tout est dans l’obscurité. En revanche, la rue est animée : en musique, une dizaine de personnes travaillant dans l’établissement, vêtues d’un gilet jaune portant le sigle de la CGT, déjeunent dans des assiettes en plastique. 13 des 14 personnes qui travaillent dans cet hôtel de 75 chambres, sont « en grève illimitée » depuis le 18 mars pour des revendications salariales et de statut. Parmi ces grévistes, 6 sont des femmes de chambre d’une société de sous-traitance, STN.

Une grève longue et dure : la direction de la maison mère du Campanile Tour Eiffel, Gestion Saint Charles – une filiale du Louvre Hôtels Group détenu par le Chinois International – est assignée mercredi 13 avril devant le tribunal de grande instance de Nanterre par les salariés et le syndicat CGT des hôtels de prestige et économiques (HPE). Ces derniers lui reprochent une « atteinte au droit de grève », la direction ayant, selon la CGT, fait intervenir des personnels externes à l’établissement pour le faire fonctionner durant la grève, notamment « des stagiaires » venus du siège social et des directeurs d’autres hôtels se disant « bénévoles ». Une visite de l’inspection du travail, le 21 mars, a abouti au même constat.

 

Des griefs que conteste la direction : « Nous avons eu recours à des dispositions pour essayer de veiller à la sécurité de nos clients et offrir un minimum de qualité de service, justifie Céline Lemercier, vice-présidente Ressources humaines de Louvre Hôtels Group. Mais nous avons respecté le droit de grève ». Finalement, le 11 avril, la direction a décidé de fermer l’établissement. Et le dialogue est au point mort.

Les salariées du sous-traitant, dont leurs collègues de l’hôtel se disent « solidaires », exigent notamment le paiement de toutes les heures de travail réalisées. « Plusieurs femmes de chambre ont des contrats de 4 heures par jour, mais je les vois pointer à 9 heures du matin et repartir vers 15, 16 heures, voire 17 heures, sans que les heures faites en plus ne soient payées », déplore Mohammed Oumaouche, premier adjoint du directeur de l’hôtel. Selon ce responsable, également délégué du personnel CGT, il a fallu la grève pour que la société de sous-traitance commence à remettre aux salariées leurs feuilles de pointage, ce qu’elle aurait dû faire depuis un an.

LES GRÉVISTES REVENDIQUENT AUSSI UN TREIZIÈME MOIS, QUI EXISTE AU SIÈGE ET DANS D’AUTRES HÔTELS DU GROUPE
Mme Lemercier affirme avoir « découvert » ce problème lors du conflit. C’est une situation « anormale, ce sera réglé avec le protocole de fin de conflit », ajoute-t-elle, alors que le syndicat CGT affirme avoir « alerté le directeur de l’hôtel de nombreuses fois ».

Les grévistes revendiquent aussi un treizième mois, qui existe au siège et dans d’autres hôtels du groupe, une prime de repas, la remise d’un planning horaire 15 jours à l’avance, etc. « Normalement, le délai de prévenance est de 7 jours, mais parfois, quand une salariée vient travailler, on lui dit de repartir et elle n’est pas payée », observe M. Oumaouche. En revanche, l’intégration des salariés externes aux effectifs de l’hôtel est acquise, « après l’été », promet Mme Lemercier.

D’ici là, les grévistes, aidés par leur syndicat, se disent prêts à poursuivre leur mouvement « jusqu’à l’Euro de foot s’il le faut », qui a lieu en juin.

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