Elizabeth II cherche un chef spécialisé « cuisine française »

Elizabeth II cherche un chef spécialisé « cuisine française »

 

Il devra gérer la brigade du palais et faire preuve d’excellence à la table de Sa Majesté, qui a des goûts très précis en la matière.

Elizabeth II cherche un chef spécialisé « cuisine française »

L’heureux élu travaillera cinq jours par semaine, mais devra être disponible du lundi au dimanche. Aucun détail concernant la rémunération n’a été communiqué.

On a beau régner sur un royaume favorable au Brexit, cela n’empêche pas de faire appel à certains talents d’outre-Manche pour les affaires sérieuses… La reine d’Angleterre recrute en ce moment un « sous-chef » spécialisé dans la cuisine française pour « motiver » sa brigade de Buckingham Palace. Selon la petite annonce parue sur le site de la Maison royale britannique, le candidat devra seconder le chef, gérer les équipes au plus près, et surtout connaître parfaitement les techniques de l’art culinaire français. « Vous êtes un chef expérimenté et qualifié avec une expérience dans la restauration de premier plan, précise le palais. Vous avez une connaissance approfondie des techniques alimentaires et vous êtes formé à la cuisine française classique. »

Ce spécialiste de haut niveau doit être capable « de planifier et d’élaborer des menus pour un large éventail d’occasions », y compris des cocktails ou des banquets. La nationalité requise n’est pas précisée, ce qui laisse toutes ses chances à un chef français qui désirerait travailler au service de sa gracieuse Majesté. Il faudra cependant se montrer souple et disponible, 5 jours sur 7, voire plus, pour un salaire annuel de base s’élevant à 22 076,04 (environ 26 000 euros) plus quelques avantages…

 

L’ail est proscrit

La souveraine, âgée de 93 ans, a des habitudes culinaires à la fois précises et simples. « La reine est comme toutes ces charmantes petites dames âgées, dans le sens où elles aiment que les choses soient faites d’une certaine façon et que ce soit ainsi absolument tout le temps », avait expliqué son ancien chef Darren McGrady il y a quelques années. Elle mange et boit peu, toujours des produits de saison, notamment les légumes, et ne supporte pas l’ail et guère l’oignon. Peu de viande saignante, plutôt du poulet rôti, du gibier et surtout du poisson, notamment le saumon, venu parfois de Balmoral. Le soir, jamais de pâtes, de riz ou de pommes de terre, mais il lui arrive de commander une omelette aux truffes avec du saumon fumé. Et son péché mignon reste le chocolate biscuit cake, qu’elle déguste tout au long de la semaine. « C’est le seul gâteau dont elle demande un morceau tous les jours jusqu’à ce qu’il soit fini, expliquait son ancien chef. Elle en prend une petite part quotidiennement jusqu’à ce que vous vous retrouviez en cuisine avec juste un minuscule, minuscule petit morceau. Mais même celui-là, il faut le lui garder ! »

La gastronomie française a eu sa place au sein de la couronne britannique, qui a compté de nombreux chefs venus de l’Hexagone. Le plus fameux d’entre eux fut sans conteste Antonin Carême, le roi des cuisiniers, qui a régné sur la table de Talleyrand, du Tsar, de l’empereur d’Autriche et du futur roi George IV d’Angleterre, qu’il va guérir d’une forte goutte rien qu’en changeant ses habitudes alimentaires. Le chef français lui concocte de la cuisine diététique avant l’heure, travaille autour de menus spécifiques, supprime les sauces, sert des potages et l’initie à la qualité des produits… Si bien que le futur roi finit par remonter à cheval, lui qu’on devait porter en civière à la chambre des Lords !

Plus proche de nous, Henri Cédard a cuisiné pour plusieurs princes britanniques au début du XXe siècle, comme l’a rappelé récemment le magazine Point de Vue. Remarqué par le prince Arthur, l’un des fils de Victoria, il travaille pour lui aux Indes puis est embauché par le prince de Galles, futur George V qui le placera à la tête d’une brigade de 80 personnes à Buckingham Palace. Henri Cédard contente les goûts du souverain, amateur de merlan et de langue de veau, assure le mariage du duc et de la duchesse de York en 1923 – les parents d’Elizabeth II –, invente l’Empire Christmas pudding, à partir d’ingrédients venus de tout le territoire britannique, jusqu’aux dominions, et met un point d’honneur à toujours écrire ses menus en français. Très proche du roi, il finira ses jours dans un cottage du domaine de Sandringham, chouchouté jusqu’au bout par un souverain reconnaissant…

 

 

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